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COMMUNIQUE DE PRESSE Bernard Carayon au sujet d’Arcelor

J’ai reçu ce matin ce communiqué de presse de Bernard Carayon, Député du Tarn et grand rapporteur en 2003 d’une étude sur l’intelligence économique. Comme je partage la plupart de ces analyses je publie son communiqué :

L’OPA hostile sur Arcelor lancée par le groupe Mittal sonne l’heure de vérité pour l’Europe. Arcelor, groupe européen, peut-il être protégé par les européens des prédateurs financiers ?

Pour moi, la réponse est évidemment oui même si Arcelor ne peut-être aujourd’hui protégé  juridiquement : ni par l’Europe qui n’a jamais engagé la moindre réflexion sur la sécurité économique des entreprises européennes ; ni par la France dont le décret récemment préparé par le gouvernement, sous la dictée des fonctionnaires de la commission, et pourtant retoqué par la commission en raison de son caractère prétendument protectionniste, n’inclut, parmi les secteurs « stratégiques », ni les matériaux, ni les minerais.

La réponse est non pour Nelly Kroes, commissaire à la concurrence, qui, le 3 septembre 2005, lors d’un colloque en Italie, rappelait la doctrine de la commission européenne : la mondialisation n’est pas une menace et les mesures destinées à protéger les entreprises européennes n’ont pas de sens.

L’enjeu est pourtant clair, il s’agit, en France, de 27 000 emplois industriels. Il en va également de notre solidarité à l’égard de nos partenaires européens, luxembourgeois et espagnols.

Ne renouvelons-pas l’erreur d’avoir laissé absorbé Pechiney par Alcan dont on mesure aujourd’hui les conséquences sociales et stratégiques.

Enfin, que le PDG d’Arcelor s’exprime : a-t-il besoin, veut-il l’aide de la France et de l’Europe ?

Bernard Carayon,

Pour ma part je pense qu’il est illusoire de vouloir protéger nos industries par des lois protectionnistes. D’autant que nos champions européens ne se privent pas pour faire leur marché à l’étranger. Il faut par contre se doter d’une vraie stratégie de “guerre économique” qui inclut nos entreprises et surtout les mécanismes financiers au niveau d’un ou plusieurs états. J’ai déjà écris dans ce blog que j’étais pour les fonds de pensions. Non pas seulement comme mécanisme complémentaire de financement des retraites mais comme arme économique. Si des fonds d’épargnes sont drainés par des organismes financiers et que la valorisation de la place de Paris augmente par ce biais mécaniquement, nos entreprises seront moins vulnérables. A l’échelle européenne …

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Uncategorized | | Un commentaire

La chronologie des médias remise en cause

Cette fois ci c’est parti. L’ère de l’ubiquité des contenus et des services commence avec cette première mondiale de la sortie du film « Bubble » simultanément en salle et en VOD sur des réseaux câblés payants. La commercialisation des DVD se fera avec quelques jours de décalage. Cette annonce est une véritable bombe dans le monde des médias audiovisuels car elle va modifier en profondeur le mode de financement des films et le calcul de leurs rentabilités. C’est d’autant plus important qu’il ne s’agit pas d’un film amateur tourné par des pourfendeurs de l’Internet libre. Les producteurs sont un patron de chaînes câblées et un propriétaire de salles de cinéma. Le metteur en scène est également connu, il a réalisé des films à succès comme Erin Brockovich,  Traffic et Ocean’s 11.

Le propre PDG de Dysney avait déclaré récemment qu’il était favorable à la suppression du délai entre la sortie en salle et les autres moyens de commercialisation.

Qu’en pensent nos tenants de l’exception culturelle française ? Il faudrait commencer à accepter que les réseaux en ligne changent les modes de distribution des contenus. Si les salles veulent continuer à rencontrer un public, moins de 10% des consommateurs d’un film, elles doivent se repenser comme un vrai lieu de spectacle et de rencontre et accentuer encore la notion de services, d’abonnement, de fidélisation… Avoir une vrai démarche marketing orientée vers le consommateur. Il faut bien sûr que le modèle de royalties des ayants droits s’adapte en conséquence.

En France c’est pas gagné.

L’article en anglais : http://www.boingboing.net/2006/01/23/mark_cuban_to_theate.html

Le blog de  Mark Cuban l’un des producteurs : http://www.blogmaverick.com/entry/1234000010073495/

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Actualité | | Pas encore de commentaires

Free et Bouygues Telecom quelles perspectives dans l’évolution de la chaîne de valeur Internet

L’année 2005 a été le théâtre de rumeurs de rapprochement entre ces deux entreprises. Etait-ce réellement intéressant et pour qui ?

J’ai également pensé dès mi 2004 qu’un rapprochement serait profitable aux deux parties car cela aurait permis à Free de disposer d’une offre mobile pour un pack quadri play et aurait offert à Bouygues Telecom un excellent relais de croissance.

La difficulté c’est que l’importance d’un rapprochement n’est pas la même pour Bouygues que pour Free. Surtout depuis que Free dispose d’une licence nationale WiMax qui lui permettra de faire de l’accès Internet nomade permanent et de la voix/données IP mobile.

Pour Bouygues c’était hautement plus stratégique de s’adjoindre une offre fixe/service car il est aujourd’hui bien isolé face à ses concurrents, tous affiliés à des groupes de communication avec accès fixe/internet. Dès que les premières offres quadri play seront disponibles sur le marché, Bouygues Télécom va se retrouver dans une position délicate. Surtout que ce qui est possible pour un FAI avec une offre MVNO n’est pas réciproque et donne l’avantage aux FAI.

Pour Free l’intérêt de s’adosser à un opérateur mobile est quasiment sans intérêt aujourd’hui. Un rapprochement avec TF1 par contre …

Je ne reviendrai pas sur le découpage possible dans la chaîne de valeur des acteurs Internet entre les fournisseurs d’accès, les portails multi services, les éditeurs de contenus etc… J’ai déjà traité ce sujet dans mon article « Combiens de FAI et d’acteurs Internet restera-t-il dans 10 ans ? ». Mais pour bien comprendre les enjeux il faut voir que le métier des FAI est amené à considérablement évoluer et qu’une partie des services possibles seront également proposés par des portails généralistes. Il va donc y avoir un recouvrement qui nécessitera de nouvelles alliances et une taille critique.

Pour revenir aux deux groupes, nous avons différents scenarii possibles qui dépendent beaucoup des personnalités des actionnaires de chacun de ces groupes.

Pour Bouygues Télécom il y a urgence.

Pour Bouygues Télécom l’année 2006 devrait être l’année d’une nouvelle stratégie car le marché de 2007 se décide maintenant et si il n’y pas de décision prise, les concurrents vont grignoter ses parts de marché dès l’année prochaine avec les offres multi play et les débuts de l’internet nomade couplé à des messageries uniques, des services sans rupture de charges … (exemple concret : un téléphone mixte GSM qui utilise l’accès wifi au domicile ou au bureau via Internet et permet d’être joint avec un numéro unique). En Allemagne et en Suède des offres de téléphonie mobile sur IP sont déjà disponibles avec Skype. Les coûts sont encore trop élevés (environ 40€/mois) pour en faire une offre packagée avec l’abonnement Internet mais cela va évoluer très vite.

Il faut également que les normes actuelles de téléphonie 3G évoluent afin de permettre l’utilisation du mobile de manière permanente et non pas comme aujourd’hui basé sur un fonctionnement à l’acte (minute, transaction, données transférées..) ce qui n’est pas cohérent avec les services broadcast de télévision sur mobile par exemple. La dualité de normes de communication va poser des problèmes de fréquences… Sauf avec le Wimax ?

Quoiqu’il en soit Bouygues doit agir maintenant pendant qu’il a encore une large marge de manœuvre financière et industrielle.

 

Etudions trois pistes :

Premièrement la vente. La valorisation de cette entreprise est, de mon point de vue, proche de son maximum car le marché n’a pas encore majoritairement basculé vers les offres haut débits ni quadri play.

 

Il y a donc une fenêtre de tir pour vendre l’activité mobile à l’un des opérateurs européens (Deutsch Telecom, Telecom Italia ou Telefonica) qui souhaitent s’implanter sur le marché français. Ce serait une excellente plus value pour le groupe Bouygues qui lui permettrait d’investir le cash dans les nouveaux services autour de TF1.

 

Cette option purement financière sera peut être difficile à prendre pour Martin Bouygues qui a toujours défendu la viabilité de sa filiale notamment lors du raid de Bolloré. Qu’en pense Pinault ?

La seconde alternative serait de renforcer son infrastructure de réseau et de la louer à tous les acteurs possibles. Une sorte de réseau mobile dissocié de la gestion de l’abonné (un TDF du mobile). De cette manière il pourrait se concentrer sur les investissements industriels 3G et Internet nomade et les rentabiliser au maximum avec des MVNO et autres FAI ou chaine de TV qui souhaiteront fournir des contenus audiovisuels multi supports. Bouygues peut également se positionner sur une offre low cost uniquement sur la voix, cohérente avec la notion de forfait quadriplay. C’est un modèle qui pourrait prendre à contre-pied SFR et Orange et éviterait de se retrouver marginaliser par les offres multiplay qui arriveront en 2007.

La troisième voix est plus sophistiquée et consisterait à faire un package avec TF1 ou une partie des actifs audiovisuels qui pourrait intéresser un FAI comme Free pour une fusion réunissant un réseau fixe, mobile et des contenus et moyens de diffusions audiovisuels… Une concurrence à Vivendi (Canal, SFR, 9 Cegetel).

Le bon calendrier pour tout le monde ?

Il est probable que si aucun accord n’a été possible entre Bouygues Télécom et Free c’est peut être  parce que les perspectives de développement ne sont pas les mêmes. Bouygues Télécom, dans le format actuel, va décliner et n’est pas coté en bourse alors de Free va continuer de croître surtout avec le Wimax et la TV HD et aujourd’hui vaut un peu plus de 2,8 milliards d’euro. 

 

Il est très difficile donc de trouver un ratio de fusion que soit acceptable pour les deux parties. Un rapprochement Free TF1 serait plus judicieux mais la participation de Bouygues dans TF1 de 49% sur 5,35 milliards d’euro vaudrait pratiquement autant que les 76% de Xavier Niel dans Iliad. Problème de répartition du pouvoir en perspective…

Quoiqu’il en soit un rapprochement aurait du sens pour les deux acteurs mais pas avec le même impératif de calendrier. Les personnalités des intervenants ne favorisent pas non plus cette hypothèse ….

Pour Free pas d’urgence mais il faut anticiper

Pour Free la problématique est toute autre. Pour le moment c’est le nirvana. Une position de numéro deux en France difficilement attaquable, des services en constante évolution, un bon cash flow, des contenus VOD avec Canal, la HD pour bientôt …

Pour 2007, avec le magistral rachat de la licence Wimax à Altitude Telecom, Free se retrouve, pour le moment, avec l’unique licence nationale ce qui lui permettra d’offrir de l’accès nomade sur tout le territoire avec la notion de continuité de connexion.

C’est également la possibilité de fournir de la voix sur IP, ce qui a été fait avec l’accès fixe et pourrait être la première offre de téléphonie/visiophonie illimité comprise dans un forfait. Un gros pavé dans la mare des opérateurs surtout si on peut disposer d’une connexion permanente, ce qui n’est pas possibles avec les normes de téléphonie mobile actuelles (A ce sujet il faut surveiller ce que fait FON en se basant sur des hotspot de particuliers pour tenter d’offrir un roaming au niveau mondial).

On voit donc que l’intérêt d’un opérateur mobile « traditionnel » dans le giron d’Iliad n’est pas franchement nécessaire.

Pas de souci jusqu’en 2008 donc pas de raison de changer surtout avec un dirigeant jeune qui a encore envie de s’amuser.

La guerre des contenus ?

Les difficultés vont venir après 2008 sur la guerre des contenus et l’arrivée de nouveaux acteurs multi services (Google, Yahoo…), voir mon article sur Google-Microsoft, qui vont tenter de cantonner les FAI à la fourniture d’accès simple à faible valeur ajoutée (encore le modèle TDF mais sans monopole et donc à faibles marges). Il faut donc anticiper maintenant pour verrouiller commercialement certains secteurs.

Jusqu’en 2008 en France il n’y a pas grand-chose à faire car Canal+ a négocié les droits des principaux contenus intéressants et son offre VOD est naturellement la plus pertinente. On l’a retrouve sur Free donc tout va bien. Le problème c’est que l’on va la retrouver également sur d’autres services de FAI et que ce ne sera donc plus un facteur différenciant.

Rappelons également que d’autres acteurs se lance sur le contenu à la demande, la facturation de services (Google Video, Google Payment…).

Des services ASP devraient également voir le jour, nécessiter plus de ressources et surtout imposer une migration d’une solution propriétaire (freebox) vers des offres packagées par des industriels (Alcatel, Intel, Microsoft, Cisco…) qui permettrons de se concentrer de plus en plus sur les services au plus prêt des infrastructures et de la gestion du réseau.

Mais le plus délicat viendra au moment des renouvellements de contrats de diffusion des contenus auprès de majors. Il va y avoir une redoutable compétition entre les acteurs télécom internationaux, les chaînes traditionnelles, les sites portails à la hauteur de ce qui s’est passé entre TPS et Canal Sat pour les droits de football mais au niveau européen…

La taille critique sera déterminante ainsi que la capacité de diffuser sur plusieurs pays. Free risque de se retrouver face à des acteurs comme Google, Telefonica et France Telecom qui pourront passer des accords pour plusieurs pays d’Europe. Si il ne réussi pas à négocier des contenus exclusifs il va se retrouver comme Bouygues Telecom et pourrait devenir « loueur » d’infrastructures.

Ce n’est évidemment pas aussi simple car cela dépend énormément de la capacité de tous les acteurs à évoluer autour de leur métier de base et les positions prises dans les deux années à venir.

TF1 qui n’est pas présent en dehors de la France contrairement à son concurrent « qui monte » peut se retrouver également isolé par un émiettage de ses parts de marché sur la multitude de chaînes ADSL. Sa capacité à développer le multi supports sera un facteur clé de succès et un rapprochement avec un FAI innovant serait une bonne opération.

Ces réflexions valent évidemment pour tous les FAI bien que la plupart des autres soient des filiales de groupes de Telecom et donc plus a même d’affronter la concurrence. Pour AOL c’est un peu différent car à mon avis ils vont vers l’abandon de la fourniture d’accès pour se concentrer sur le multi services. Ils vont donc soit passer sous le Giron de Google soit rester affiliés à Time Warner et l’accès aux contenus est moins critique.

Si sur 2005 la tendance défensive s’est amorcée (fusion TPS Canal Sat) L’année 2006 devrait être une année riche en évolution des stratégies offensives des acteurs télécom et audiovisuels qui sont restés jusqu’ici un peu chacun derrière leurs frontières même si il y eu quelques incartades (Madonna avec FT). Les grandes manœuvres vont apparaître au grand jour. C’est toujours des périodes riches pour ceux qui savent anticiper et profiter des opportunités …

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Stratégie | | Pas encore de commentaires

Google vs Microsoft : jouent-ils sur le même terrain ?

Malgré les dénégations de Bill Gates la semaine dernière indiquant que Google n’est pas un concurrent de Microsoft car leur cible est IBM, et celles d’Eric Schmidt, PDG de Google qui a indiqué que l’expansion de Google n’était pas dirigée contre Microsoft. (“Je pense qu’il y a de la place pour nous deux. Google se situe dans le secteur de l’information. Microsoft a une approche différente de la notre“).

Je ne crois pas un mot de ces affirmations. Ils ne sont pas réellement concurrents en ce sens qu’ils ne cherchent pas à développer les mêmes produits ou services mais comme des équipes de rugby et de football sont différentes, lorsqu’elles jouent en même temps sur le même terrain il y a conflit.

Ils ont effectivement une approche différente et il serait très surprenant que Google cherche à développer un système d’exploitation ou des applicatifs de type Office mais la stratégie de Google et surtout l’évolution de l’Internet actuel vers l’ère de l’ubiquité des services et des contenus entre en conflit avec le développement de Microsoft. En effet si Google ne cherche pas à vendre du logiciel il cherche à fournir un service ASP qui couvrira la gamme Microsoft.

Ces deux acteurs viennent de deux mondes différents :

Microsoft vient du monde du logiciel et plus précisément du logiciel sur PC. Bill Gates a souvent anticipé les évolutions technologiques, souvenons nous de « information on the finger tips ». Cette perception aujourd’hui presque possible était bonne mais c’est le prisme par lequel cette perception a été traduite qui peut être différente.

Bill Gates a toujours cherché à intégrer les évolutions avec en arrière pensée le PC ou le terminal « intelligent ».

Cet angle de vision lui a déjà fait rater le démarrage d’Internet même si la puissance financière et industrielle lui a permis de combler cette erreur de perception (MS a tué Netscape, a lancé MSN …) mais fondamentalement la vision de Bill Gates passait par la domination de son système d’exploitation ou plus largement de briques logicielles sur différents terminaux (PC, mobile, console…) en jouant sur l’interopérabilité.

Google vient du monde du service : du moteur de recherche. Il positionne « l’intelligence » dans « le réseau », de manière répartie ou sur ses serveurs. L’avenir pour Google c’est que le PC soit remplacé par des terminaux légers (d’où certainement l’accord avec Sun autour de Java). C’était la vision de Scott Mc Nealy Président de Sun « computer is network » il y a déjà 20 ans. C’était une perspective pour le monde de l’entreprise mais cela pourrait s’appliquer prochainement au grand public.

Deux stratégies

Google vient d’annoncer Google Pack, je ne reviendrai pas sur ces services, somme toute peu innovants mais sur la raison de la mise en place de cette offre. Google vise à s’affranchir du PC, comme Yahoo d’ailleurs, et si on prend une analogie, se positionne comme guide TV, télécommande universelle et meta-régie publicitaire. En bref comme acteur incontournable à tous services en ligne multi terminaux. Il faut donc occuper le terrain avec le maximum de produits et services qui rendent presque incontournable Google.

Microsoft base une grande partie de sa stratégie future sur Vista et tous les OS multi plateformes : PC, téléphones portables, serveurs de vidéo, logiciels de set top box, console de jeux … Avec cette stratégie d’encerclement MS vise la convergence avec un outil unique : le sien. Il garde une carte : MSN on y reviendra.

Il est probable que l’ubiquité des services et des contenus valident la stratégie de Google mais cela peut prendre du temps et dans l’intervalle Microsoft conforte sa position avec les produits « traditionnels » et commence à se positionner avec Windows Live mise en place par le nouveau CTO (Ray Ozzie). Verra-t-on un OS et des applications Microsoft en mode ASP ? Je le pense. (ndl : c’est le concept X window qui revient)

Le même terrain de jeux ?

Comme on le voit leurs parcours sont différents, leurs stratégies également mais elles se télescopent.

Jusqu’ici les concurrents de Microsoft étaient de petites tailles et relativement facile à contrer. Google marie à la fois une stratégie d’innovation en ayant parfaitement anticipé ce que pourrait être l’avenir des services en ligne mais également une excellente stratégie financière qui lui permet de « peser » 140 Mds$ avec un objectif de 200 et lui permet d’investir en R&D, en partenariats, en rachat etc ….

Le seul point noir pour Google c’est le temps. Sa stratégie et ses moyens sont en phase mais pour réussir il ne faut pas que la machine se grippe. Viser l’ubiquité des services et des contenus passe par la convergence des technologies de communication voix, données, fixe, mobile…

Techniquement nous n’en sommes plus très loin mais encore faut-il que les infrastructures soient déployées et que les consommateurs suivent. En Europe la compétition entre les normes de l’Internet et de téléphonie mobile rend difficile la convergence. En France seul Free pourra, au niveau national dès 2007, rendre transparent l’accès avec sa licence wimax et faire du contenu mobile sur IP (voix données).

L’autre point difficile pour Google c’est que cette convergence pourrait ce faire dans un premier temps sous le contrôle des FAI qui ne souhaitent certainement pas que Google s’insèrent dans leur relation de transaction avec leurs clients (ex : Google video qui vient en concurrence des offre de VOD des FAI et surtout la nouvelle division Google Payment Corp : solution de paiement). Cette offre de Google ne vise qu’a commencer à transformer son modèle économique non captif par la mise ne place de relations client/facturation.  Mais que font les banques ?

C’est certainement là qu’est la chance de Microsoft face à Google. Ses récents développements dans les serveurs vidéo (accord avec Club Internet chez nous) vise à conserver la maîtrise et à renforcer ses alliés de circonstance les FAI. Qui en effet sera mieux à même de fournir des services ASP au grand public (applicatifs, contenus, maintenance…) si le PC s’efface au profit de terminaux plus légers administrables à distance ?

Une opportunité pour les FAI ?

Les FAI ont une formidable opportunité de fournir des services étendus (fixes et nomades) au grand public au-delà du simple accès quadruple play. Pour cela il leur faut des logiciels qu’ils ne peuvent développer eux même. Microsoft s’en charge. Ils sont en bonne posture pour négocier avec MS, ce n’est pas si fréquent. Comme on le voit c’est un jeu à trois bandes. Un nouveau monopole ? Que fait la pomme ? Heureusement d’autres acteurs comme Cisco s’intéressent à ce marché.

La guerre économique ?

Au-delà de la simple compétition sur la stratégie, nous allons assister à une véritable guerre économique entre ces deux acteurs visant à maximiser ses profits et à torpiller ceux de l’autre. Il y a fort à parier que Google favorise l’éclosion d’applicatifs concurrents de Microsoft et que ce dernier lui face la guerre avec MSN search. A ce titre, la perte de l’accord AOL est une mauvaise nouvelle pour Microsoft.

Une fusion AOL avec MSN aurait permis à Microsoft de devenir un vrai leader dans le monde du portail multi services.

Pour AOL par contre la dépendance aurait pu être délicate. En terme financier on peut comprendre Carl Icann (premier actionnaire de Time Warner) qui souhaitait une fusion pour donner de la valeur à l’ensemble.

En terme de stratégie long terme et d’indépendance, la prise de participation de 5% dans le capital d’AOL par google laisse plus de marge de manœuvre à AOL. Mais c’est surtout un excellent back up pour Time Warner et pour ses contenus. Si nous raisonnons par ubiquité des services et des contenus (voire mes articles sur le téléchargement et sur les acteurs Internet), un fournisseur de contenus doit garder une marge de manœuvre dans la distribution. Comme la stratégie d’AOL a échoué comme FAI à cause de sa sous estimation du marché haut débit, il lui faut rester un des leaders du portail afin de garantir la diffusion de ses contenus.

Pour Google c’est tout bénéfice :  1 mds $ c’est peu face aux enjeux car le CA de google généré avec AOL est de 500 m$ qui aurait pu être remis en cause en cas de fusion avec MS. Et la conservation de son moteur comme moteur de recherche d’AOL est stratégique pour évoluer vers le multi services.

La migration des modèles économiques

Pour Microsoft migrer vers le service va être périlleux car cela peut entraîner une baisse temporaires de ses revenus. Son atout : son cash qui lui permettra de tenir le temps de la migration.

La vrai question c’est quand commencer la migration du modèle économique. D’après les différentes interview de Ballmer et Gates pendant le CES il semble que la migration commencera cette année. Mais dans quelle proportion ? Il est probable que MS innove également dans le moteur de recherche car c’est sur la technologie que se fera la compétition entre MS et Google (voire mon article « dans 10 ans »). Entre parenthèse c’est sur ce plan là que Yahoo est plus fragile et que pour le moment il est en retrait par rapport à MS et Google.

Le temps va être un facteur clé car de la vitesse de l’évolution du marché va être un élément majeur du succès de l’une ou l’autre des stratégies. Plus l’évolution sera rapide, plus Google sera avantagé, plus elle sera lente plus Microsoft pourra faire sa transition.

La capitalisation comme arme

Les capitalisations respectives vont également être déterminantes. Si la vente de licences diminue pour Microsoft ou si Vista n’est pas un succès rapide,  la capitalisation de MS peut baisser de 20% dans les 2 ans. Cela sera un frein dans la compétition.

A l’opposé, l’action Google peut certainement grimper à 500 $ voire 600 comme le prédisent certains analystes (actuellement autour de 470$) et amener sa capitalisation à la moitié de celle de Microsoft. Mais si il y a  le moindre retard dans la mise en place d’un de ses services, l’arrivée d’un nouveau moteur (Ask Jeeves ?) ou une offensive majeure de Yahoo qui est sur un modèle proche et on retourne à 250$. Une fusion Yahoo et MSN serait un superbe coup… Ils sont déjà alliés dans l’Open Content Alliance pour contrer Google Print …

A ce jeu là Microsoft a un avantage : le marché des entreprises qui peut continuer à générer de forts revenus. Google est plus exposé car il ne peut s’appuyer sur une rente de situation aussi importante et sa capitalisation est plus basée sur des perspectives que sur des fondamentaux. Et n’oublions pas l’initiative européenne, Quaero, visant à concurrencer Google (non je blague).

L’Internet en 2006 n’est plus un territoire vierge mais c’est devenu un enjeu industriel ou les grandes familles d’acteurs n’ont pas fini de s’affronter. Le jeu maintenant va être de deviner les futures alliances et acquisitions autour de ces deux acteurs majeurs.

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Stratégie | | Pas encore de commentaires

Téléchargement gratuit : est-ce irréversible ?

La protection absolue des données numériques est une cause perdue car au fur et à mesure apparaitront des solutions de contournement et, excepté dans des secteurs sensibles, les coûts seraient disproportionnés au marché visé. De plus, la protection d’une l’industrie doit-elle permettre de telles mesures ?

Il faut se souvenir qu’avant l’invention du disque, puis du magnétophone et du magnétoscope … cette industrie vivait sur la représentation (les salles de cinéma), la radio et la télévision. La production n’était pas ridicule !

Le téléchargement gratuit est irréversible à court terme, car il est passé dans les habitudes. De plus les majors ont fait leur propre tort en ne proposant pas dès le départ des offres payantes à coût réduit. Il est paradoxal qu’il soit plus simple de télécharger un morceau pour le lire sur tous les types de players que de l’acheter sur une plateforme payante qui restreint son utilisation à un type de baladeur ou à un player logiciel ! Néanmoins cette habitude devrait évoluer avec les technologies de diffusion et la notion de stockage virtuel…

La technologie évolue, les industries s’adaptent trop lentement

Il  s’agit simplement de l’évolution d’un marché face à de nouvelles technologies qui lui ont permis de se développer considérablement pendant un siècle. Aujourd’hui cette industrie vilipende les technologies. C’est cocasse. C’est quand même grâce au CD puis au DVD que l’essor des majors a été le plus grand. Remarquons que les majors ne plaignent pas du téléchargement sur mobiles.

Il faut accepter qu’une fenêtre de business se soit ouverte et maintenant se referme un peu. Toutes les industries sont confrontées aux évolutions: croissance, décroissance, modification des business models, etc… Pourquoi pas celle -ci ? Demandez aux agriculteurs européens se qu’ils pensent de la suppression de la PAC à l’exportation en 2013, aux industriels de la photo argentique du développement du numérique.

Il serait temps que l’industrie de l’entertainment prenne conscience que ses modèles volent en éclat et qu’il faut qu’elle se réinvente comme d’autres industries l’ont déjà fait. Posez la question aux éditeurs de journaux qui voient leurs parts de marchés se réduire et celle d’Internet se développer. Doit-on interdire l’information sur internet pour protéger les journaux ou les pousser à se développer sur ce nouveau média ? Devait-on interdire le numérique pour protéger l’argentique ?

Il est toujours tentant de protéger son activité en freinant le développement. Nous avons la mémoire courte mais les canuts de Lyon n’ont pas non plus appréciés l’arrivé du métier à tisser ni les éleveurs de chevaux l’invention de l’automobile. Pourtant les évolutions technologiques ont été un moteur de développement industriel et économique considérable.

L’industrie du disque a vécu pendant un siècle sur un modèle sans le faire évoluer : produire un support avec de 10 à 15 morceaux de musique. C’est quand même paradoxal que la limitation physique d’enregistrement du disque vinil ait servie de base à celle du CD où l’on peut mettre plus de morceaux. Et bien non, le CD s’est affiché au même prix que le vinil avec le même nombre de morceaux. Idem pour la vieille K7 qui a inauguré la taxe sur les médias vierges. A sa sortie toute l’industrie du disque criait au loup. C’est vrai qu’il y a eu beaucoup de copies entre particulier mais l’industrie du disque n’a pas disparu. Puis est arrivé le CD. Là les majors ont applaudi : enfin un support non copiable à ce niveau de qualité. Les revenus entre 1980 et 1990 ont explosés. Ensuite sont arrivé les graveurs de CD. Là de nouveau on crie au feu.

Je sais qu’avec ce type de propos je ne vais pas me faire que des amis mais même si une industrie, ou plutôt une partie de cette industrie, car les intérêts des majors ne sont pas les mêmes que ceux des artistes, interprètes et ayants droits, est menacée de baisse de ses revenus, je pense que l’on ne peut pas tout brider pour un seul acteur. Dans le cas contraire c’est toute notre économie qu’il faut figer.

Les services et l’intermédiation devront enrichir les contenus.

Les industries de l’édition musicale, vidéo, jeux électronique etc… sont face à une énorme mutation dans la façon de produire et de consommer des contenus et services et ils devront apprendre à vivre sur un autre modèle économique. Car en fait, télécharger sur Internet n’est pas gratuit : un PC allumé ça consomme jusqu’à 30 € par mois. Ajoutez l’abonnement Internet, éventuellement le support CD vierge et le coût d’investissement du matériel informatique… Simplement le coût est noyé dans des services plus larges. Nous sommes passés d’une époque où le support était roi à celle du contenu roi et nous allons vers celle du service roi.

Le peer to peer devrait se réduire

A l’avenir peut être qu’il ne sera plus intéressant de télécharger des fichiers si ceux-ci sont disponibles en streaming partout, via des radios numériques personnalisables ou des chaînes de TV, des services de vidéo à la demande…

Ces services pourront être inclus dans un forfait et le coût quasi transparents pour le client. Après tout, lorsqu’on écoute la radio, c’est la publicité qui paie la musique que l’on écoute mais ce n’est pas gratuit. Lorsque l’on écoute et regarde une chaîne sur un bouquet, c’est l’abonnement qui permet de financer.

La notion de support physique local va se réduire rapidement quand les technologies de stockage de masse et les réseaux très haut débits (+ de 100 Mb) seront exploitables pour des services grand public. A ce moment là on parlera plus de l’économie du CD ou du DVD. Quel modèle pour un package, 10 musiques plus une galette de plastique, vendu 15€ ?

La notion de téléchargement « gratuit » n’est donc pas inéducable car il ne sera pas nécessairement intéressant de stocker sur son PC, lecteur MP3 et/ou DIVX des centaines de fichiers si ceux-ci sont accessibles immédiatement en permanence à travers le réseau.

Une évolution irréversible : la modification de la chaîne de valeur de l’industrie de l’entertainement.

Il faut totalement repenser cette industrie depuis la création des œuvres jusqu’au consommateur. Tous les acteurs vont devoir s’adapter depuis les artistes/interprètes, les maisons de productions, les distributeurs/diffuseurs etc… Il s’agit d’une réflexion en profondeur à faire rapidement car la technologie ne s’arrête pas et de nouveaux barbares (Google) sont en train de développer des empires (voir mes autres articles) sans se préoccuper de la segmentation actuelle de cette industrie.

Le consommateur entre au centre de la chaîne de valeur. Les technologies vont lui permettre de créer sa propre radio, sa propre chaîne au même titre que les blogs permettent de devenir son propre « éditeur ». Avec l’arrivée des vidéo blogs c’est encore une nouvelle étape.

Il est fondamental que nos industries et nos hommes politiques intègrent de manière permanente l’évolution des technologies dans leur réflexion afin de ne pas se murer dans des attitudes défensives, perdues d’avance.  Je crois que nous sommes en pleine discussion de loi DADVSI ?

Lorsque le vent se lève il y a deux attitudes : élever des paravents ou des moulins à vent. Dans le premier cas on bloque l’évolution jusqu’à ce que les barrières cèdent, dans le second on en profite pour créer des nouvelles richesses.

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Débats | | Pas encore de commentaires

Canal + remporte enfin TPS, est-ce bien une bonne opération et pour qui ? Quelle recomposition des acteurs ?

Patrick Le Lay doit l’avoir mauvaise d’être obliger de négocier la vente de TPS dans une position de faiblesse. C’est le succès d’une stratégie d’investissement sur les contenus face à celle, moins ambitieuse, de tentative d’assèchement des finances de son ennemie. Il faut dire que lorsque Canal + avait remporté les droits de football pour plus de 600 M€ d’euros par an, les pronostiques étaient ouverts sur le réel vainqueur de cette opération. Pour ma part, je préférais l’option d’investissement de Canal qui était une réelle stratégie de développement. Entre temps, TF1 a acheté ou lancé de nouvelle chaînes : LCI, Eurosport TV Breizh, TMC, Histoire ; et se trouve à la tête de cinq des dix chaînes les plus regardées sur le câble et le satellite. Etait-ce pour tenter de contrer Canal ou pour valoriser TPS en cas de négociation ? Dans les deux cas c’était bien jouer. Et pour Canal ?

Si Canal avait laissé le marché en l’état, TF1 et M6 auraient été immanquablement obligés de jeter l’éponge à un moment ou un autre car le nombre d’abonnés aurait décru absorbé par Canal Sat et par les offres sur ADSL. Ces dernières pouvant diffuser l’offre de TPS mais à terme le bouquet aurait perdu le contact avec ses « abonnés » et serait devenu totalement dépendant de « ses » diffuseurs ADSL. Quel revers !  Après tout, pour Canal ce pouvait être plaisant alors pourquoi prendre le contrôle de son concurrent ?  Certainement pour mieux contrôler les offres et être en meilleure position vis-à-vis des fournisseurs de contenus et des diffuseurs ADSL. En effet, pour le moment tout ce petit monde marche main dans la main mais à terme les FAI auront intérêt à définir leur propre offre de chaîne. Car si tout les FAI diffusent canal Sat et TPS, pour eux l’avantage concurrentiel disparaît. Il faudra donc se différencier de nouveau et agréger son propre contenu. Dans cette stratégie Vivendi a intérêt à prendre de l’avance. Avec une offre de chaînes complètes sur deux packages différents, une offre VOD (annoncé avec Free) qui sera certainement proposée à d’autres FAI en 2006, Canal devient un partenaire incontournable jusqu’à ce que les réseaux hauts débits soient totalement déployés et que les FAI retrouvent des capacités d’investissement dans les contenus. Cela laisse bien deux ou trois ans à Canal +

Il semble que le modèle retenu soit une prise de participation de TF1 et de M6 dans le groupe Canal + en regard de la valorisation de TPS. Je ne vois par très bien l’intérêt de pour TF1 et M6 de posséder respectivement 10 et 5 % de Canal mais les stratèges sont parfois impénétrables…Par contre il est essentiel à mon avis que Lagardère échange ses 34% de capital de Canal Sat dans Canal + même si cela doit lui couter 1 milliard d’euro en cash afin de préserver ses activités de production et d’édition audiovisuelles en garantissant les canaux de distribution.

 Parallèlement la vidéo à la demande …  Canal + et Free viennent d’annoncer cette offre. Pour le moment, on peut dire que Free fait vraiment un sans faute dans sa stratégie. (Rappelons que l’organe de normalisation IEEE a validé le standard 802.16e, variante “mobile” de la technologie Wimax et que Free pourrait offrir de la téléphonie mobile avec la seule licence nationale en France). Il faut se dépêcher car Tele 2 vient de sortir son offre quadruple play intégrant le mobile grâce à son accord MVNO avec Orange. A terme je pense que la stratégie de Free est la meilleure car si le WiMax offre le potentiel du mobile sur IP, cela permettra d’offrir de l’accès moyen/haut débit avec le même réseau et ce, pour beaucoup moins cher que la mise à niveau d’un réseau 3G et avec des débits plus importants. Pour les acteurs traditionnels, la technologie IMS permettra de basculer en téléphonie IP à proximité d’un spot WIFI. Le problème c’est qu’à force d’ajouter des couches logicielles et matérielles, les coûts augmentent. De nouveau bravo Niel ! On verra si je ne me trompe pas en fin d’année prochaine.  Quid de Neuf Cegetel ?  C’est quand même paradoxal que Canal annonce un accord avec Free et que Neuf Cegetel, dans le même groupe, ne réagisse pas ! Ils ont tout dans le groupe Vivendi pour offrir du quadruple play et rien ?  Le premier trimestre 2006 devrait voir arriver de belles offres de tous les acteurs FAI qui attendent en fait qu’un terminal « standard » soit disponible (Microsoft finalise son offre, que l’on devrait voir sur Club Internet, mais Cisco et d’autres sont sur les rangs. Une nouvelle bagarre en perspective). Il faudra surveiller ce point car ce qui fait la force de Free sera également sa faiblesse lorsque l’offre standard de « box » se sera développée et qu’un terminal propriétaire ne sera plus un avantage compétitif. Je ne vois pas cela avant 2007 de toute manière car les set top box devront intégrer la HD ce que prévoit Free l’année prochaine (encore un an de gagné).  Le cap suivant des set top box sera vraiment l’intégration du mobile sur IP et le choix du terminal domestique (et mobile ?) interopérable de manière transparente.  Stratégie chez vivendi ?  Au final tous ces mouvements relèvent-il d’une stratégie plus globale ?  Cette annonce renforce le leadership de Canal + comme on l’a décrit plus haut mais permettra à Neuf Cegetel de revenir avec un réel avantage concurrentiel sur mesure (ex : des chaînes au choix au lieu de packages tout fait…).  Avec une stratégie intégrée, (celle de Messier ?), Vivendi sera à la tête d’une entité audiovisuelle, experte en négociation de droits, en production, d’un réseau de diffusion ADSL, d’un réseau mobile, et d’une offre de stock et de flux audiovisuels complets. Bravo !A au fait,  il manque quand même le Wi max (il est dérangeant ce Niel). Ca tombe bien en 2010 la concentration des acteurs (voir mon autre article) devrait l’amener à négocier une fusion ?

Et après les bouquets ?

La notion de bouquets de contenus est liée aux technologies de diffusion des FAI. Les chaînes de flux ou les possesseurs de programmes de stock doivent s’entendre avec le Fai pour s’intégrer dans son interface et garantir leur diffusion. Dans ce modèle, le diffuseur/FAI est donc incontournable.

L’évolution des technologies de « streaming » et surtout l’arrivée du très haut débit (+ de 100 Mb/s) permettra de la diffusion directe vers le consommateur (voir ce qui se fait, aujourd’hui, avec une interface de navigation sur un PC avec Media Player ou Real Media). Les chaînes gratuites pourront trouver là un second souffle même si la multiplicité des offres amènera naturellement une érosion des parts de marché des leaders actuels que sont TF1 et M6.

Pour les chaînes payantes, par contre, les fournisseurs d’accès risquent d’être un point obligé dans une démarche de « one stop shopping » où le FAI sera chargé de facturer l’abonnement.

Il faudra également tenir compte des intermédiaires d’accès aux contenus. Je fais référence ici directement à Google qui a développé un moteur d’indexation aux contenu audiovisuel qui permet la reconnaissance de formes dans de la vidéo, couplé à la reconnaissance de la piste audio pour indexation automatique des unités d’œuvres audiovisuelles. Ce type de technologies, associées à des logiciels de flux personnalisé permettront aux utilisateurs de se configurer leurs propres chaîne de flux en fonction de leurs besoins.

Il s’agit là d’une formidable transformation  des modes de fonctionnements et des modèles économiques de la chaîne de valeur des médias et de l’audiovisuel en particulier.

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Convergence | | Pas encore de commentaires

La Bourse est-elle irrationnelle ? Le capitalisme est-il menacé ?

Nous sommes aujourd’hui dans une économie mondialisée où nous ne savons plus très bien qui possède quoi. Beaucoup d’entre nous possèdent directement ou indirectement des actions (via des assurances vie, des plans divers…) et la responsabilité sociale n’existe plus. Lorsque vous possédez des actions d’un produit bancaire sans savoir précisément dans quelles entreprises sont investis vos fonds, comment se sentir responsable socialement ou éthiquement ? On veut en même temps que nos placements rapportent, que les produits et services soient de moins en moins chers, moins polluer, produire « éthiquement » et être protégés socialement des aléas des entreprises qui nous emploient. Il y a là des incohérences.  Le déséquilibre

 

 

De l’autre coté nous avons des investisseurs privés, des institutionnels (les établissements financiers) des fonds spécialisés dans la spéculation, des mécanismes de leviers (les options…) etc…, tout un tas d’éléments qui mettent les entreprises cotées sous pression dans l’unique but de faire des profits à court terme. Le seul acteur de financement qui soit dans une logique de moyen terme est le Venture capital ou business angel qui regardent le potentiel et le moyen terme. (On en a trop peu en France et cela explique certainement pourquoi nous innovons si peu et créons peu d’entreprises de niveau international dans les NTIC. Tous les succès comme Business Object ou Meetic ont réussi grâce à l’apport de VC) Dans ces conditions, l’entreprise ne peut plus avoir ce rôle social qu’attendent les employés. Nos politiciens n’ont pas pris la mesure de l’évolution profonde de l’économie de marché globalisée et des travers que cela engendrerait. Je voudrais savoir parmi nos gouvernants actuels quels sont ceux qui connaissent le fonctionnement d’une entreprise et qui ont fait une séance de trading pour suivre l’évolution des cours.  La bourse un oxygène empoisonné ? Prenons l’exemple du Nasdaq que je connais un peu pour faire un peu de day trading. Les variations journalières sont irrationnelles par rapports aux fondamentaux des entreprises. Vous pouvez avoir des variations de 30 % et plus dans la journée sans annonce de résultats, de nouveaux contrats etc… La question qui vient naturellement est pourquoi cette variation. La réponse que m’ont fait des spécialistes c’est : l’offre et la demande !A un moment tout le monde veut acheter certaines actions, les cours montent. Les traders surveillent ces « départs de feu », surtout ceux qui font de l’analyse technique. Il s’agit de surveiller l’évolution d’une courbe, les volumes d’échange et de pleins d’indicateurs pour déterminer quand une action va monter ou descendre. On est loin de l’analyse du bilan. Pour ceux qui l’ignorent on peut également gagner de l’argent en pariant à la baisse : on vend à découvert et on rachète plus bas. De cette manière même quand la bourse baisse on gagne de l’argent.

 

 

 

 

Le problème c’est que ces « paris » génèrent des mouvements financiers considérables qui peuvent être une arme efficace pour les entreprises et les pays et un risque majeur sur le plan social, on l’a vu avec HP (quoique dans ce cas les erreurs stratégiques de leur PDGère qui est quand même parti avec 45 M$ soit probablement responsable de la disparition de la moitié de la valeur d’HP-Compaq).

Un exemple : ces derniers jours au cours de Google (environ 423$ quand j’ai commencé cet article, 411 maintenant) un volume d’échange de 8,5 millions de titres hier, il s’échange plus de 3,6 milliard de dollars de Google tous les jours !  La valorisation de Google est aujourd’hui de 125 milliards de dollars. (Celle de Microsoft de 295 milliards au dernier cours).

Nous sommes dans une période où ceux qui font le « marché » et donc qui alimentent ou coupent l’oxygène de nos entreprises réagissent à des signaux sans connaître bien souvent l’activité de l’entreprise. Quand ils la connaissent, ce n’est pas forcément mieux. Une anecdote personnelle : il y a quelques années j’étais dans une entreprise US de services qui avait comme investisseur Morgan Stanley, entres autres. Lors d’une discussion informelle avec l’auditeur de cette firme, j’apprends qu’ils sont investisseurs de Netscape (on est en 1996). Je ne croyais déjà plus en la capacité de cette entreprise à combattre Microsoft et lui en ai fait part. La réponse m’a stupéfaite : nous ne croyons pas non plus à cette entreprise mais pour le moment le cours de l’action monte et notre seul souci c’est de vendre avant qu’elle ne baisse ! Voila j’avais compris que nous avions un problème.

Le capitalisme ultime guerre par l’économie  

Les attentes, les compréhensions, la notion même de guerre économique n’est pas comprise partout.

Il semble que le temple mondial du capitalisme, j’ai nommé les Etats-Unis, profite bien de la situation. Leurs dirigeants ont bien compris cette mécanique. Ils profitent de la maîtrise de leur monnaie (à travers un parfait usage de leurs taux d’intérêts), ont compris que l’avenir de leur suprématie passe par la maîtrise technologique et favorise l’innovation. Manient l’intelligence économique en mettant leurs institutions d’espionnages partiellement au service des entreprises commerciales etc…

On ne peut pas dire qu’en Europe et en France en particulier nous en soyons là même si depuis Bernard Carayon la prise de conscience est partiellement faite. C’est les moyens qui manquent. Car comment jouer à une partie où la plupart des joueurs ne comprennent pas la moitié des règles et où leurs moyens sont inférieurs à leurs adversaires ?

Comment donner les moyens à nos entreprises de rivaliser avec les moyens financiers des Etats-Unis ou les capacités de production des Chinois. Car le problème est bien celui là. Si nous échouons nous sommes condamné à voir notre PIB se réduire, notre chômage exploser, nos prestations sociales diminuées etc.. Il faut retrouver de l’oxygène !

Comment permettre à notre pays de financer plus de recherche, à nos entreprises d’investir et de se développer ? On retombe dedans : la bourse. Mais il faut jouer à armes égales. Aujourd’hui nos entreprises sont trop dépendantes des investissements des fonds US (50% de la bourse de Paris est aux mains d’investisseurs étrangers). Cela ne me choquerait pas en l’état si nous avions des investisseurs en proportions de notre PIB positionnés aux US mais ce n’est pas le cas à cette échelle.

Faut-il des fonds de pension ?

En dehors de tout dogmatisme sur le financement des retraites, des fonds de pensions draineraient des masses financières qui pourraient être investies dans les entreprises dans la recherche etc…

Le capitalisme va-t-il se réformer ?

C’est peut être là que le capitalisme atteint ses limites ou a échoué dans sa mutation. Avec la « relative » circulation de capitaux, aujourd’hui par Internet pour le particulier et la possibilité d’investir directement sur les principales bourses de la planète, la notion débridée du capitalisme risque l’implosion. Sous la pression, les entreprises ne peuvent souvent plus avoir un rôle social, les disparités des niveaux économiques entre les pays entrainent des déplacements des centres de production. Une dernière étude européenne met en évidence le déclin inévitable de la production en Europe de l’Ouest d’ici 5 ans. Notre modèle économique est donc en danger car il menace notre modèle social et notre société toute entière. Le problème c’est que cette menace n’est pas la même pour tout le monde, que des pays profitent aujourd’hui de ce capitalisme débridé et ne veulent rien changer. De toute façon nous n’avons rien à mettre à la place car tous les autres modèles ont échoués. Comment donc réformer ce capitalisme tout seul ?

Je pense qu’il faut savoir « embrasser » l’ennemie pour mieux le combattre. Plus prosaïquement il faut bien comprendre les règles du jeu, se donner les moyens de continuer la course, de former nos dirigeants et notre population aux changements et se réformer d’abord nous même. Quand nous saurons être crédible dans nos réformes, nous pourrons peut être donner des leçons aux autres ou tout du moins proposer des évolutions. Au lieu d’entendre à longueur de journée qu’il faut combattre le chômage, nous ferions mieux d’entendre qu’il faut favoriser et stimuler les entreprises et l’innovation ce qui créera naturellement de vrais emplois et qui sera plus constructif.

Faut-il limiter l’âge des hommes politiques pour renouveler les dirigeants avec une génération plus à même de comprendre le monde d’aujourd’hui et prendre les risque de réformer une société française figée ? Il est quand même paradoxal que les salariés soient amenés à prendre la retraite à 60 ans et que les dirigeants d’entreprises dépassent largement les 65. Ne parlons pas des hommes politiques qui ne veulent jamais lâcher les rennes. Doit-on comprendre qu’être dirigeant est un travail qui ne fatigue pas ?

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Débats | | Pas encore de commentaires

Le périmêtre des acteurs Internet évolue

Les investissements des FAI aujourd’hui participent à une stratégie de convergence des services qui va au-delà du simple retour sur investissement de l’abonnement ADSL.  On commence à percevoir les frontières des différents acteurs majeurs dans ce secteur. D’un coté les fournisseurs de contenus et services globaux dont google est semble-t-il le plus dangereux. De l’autre les infrastructures et surtout l’abonnement. Les « utilities » futurs compteurs à gaz ? 

Les titulaires de l’abonnement sont bien placés pour une rente de situation sur les services « utilities » où l’on peut considérer que l’accès Internet, téléphone fixe/mobile, haut débits TV flux et stock … feront partie de la vie quotidienne comme l’eau et l’électricité. En y ajoutant le terminal de paiement nomade (le mobile) le service quintuple play sera extrêmement rentable. Quid des banques traditionnelles ? La consolidation devrait laisser entre 3 et 4 acteurs sur le marché Français dont les filiales des plus gros européens (Deutsch Telecom, Telefonica, Telecom Italia, France Telecom …). Le cas Free étant très intéressant à suivre car il lui faudra trouver des relais de croissance et des alliances au niveau Européen. Une offre de téléphonie Wimax en 2007 sera la bienvenu (grâce à sa licence nationale) mais il faudra penser à fusionner avec un acteur global car d’ici 10-15 ans il y aura encore concentration de ces acteurs au niveau européen voire mondial, à l’instar des compagnies aériennes. La taille du marché local ne sera plus suffisant pour négocier les achats (matériels, logiciels, contenus…) et rendre un service complet au meilleur coût car les fournisseurs sont déjà mondiaux.  La guerre des services passe par la maîtrise des technologies clés.  De l’autre coté : les acteurs purs services (Google, Ebay, Yahoo, Microsoft….). La bataille va être féroce avec les acteurs de niches : Ebay, Meetic par exemple et généralistes comme Google qui vient d’annoncer des petites annonces et de la location de livres pour concurrencer tous les autres. L’autre grand à venir, dans ce secteur, est Microsoft. Avec la nomination d’un nouveau CTO et une réorientation vers de nouveaux modèles économique, MS qui va certainement tout faire pour s’emparer d’AOL est le seul concurrent, aujourd’hui, du niveau de Google. Il s’agit dans ce ca de fédérer les clients autour d’une communauté des services pouvant déboucher éventuellement sur un abonnement. L’objectif étant de fournir des services différentiés des « utilities » des fournisseurs d’accès. Va-t-on assister à des mouvements de vagues comme dans la consommation de produits physiques : naissance des supermarchés, croissance puis développement d’acteurs de « niche » (Decatlon, Zara …). J’entends déjà les remarques : et Yahoo et consorts. Yahoo a le bon modèle et sa capitalisation boursière lui permet de continuer à se développer. Il lui faut simplement plus de technologies pour concurrencer Google et Microsoft. Les rachats dans les deux ans à venir seront significatif sur sa capacité à rester un acteur majeur. Le cas Ebay est plus complexe. Le rachat de Skype me laisse perplexe. En effet bien que Skype est un beau parc client, la téléphonie sur IP est un « utilities » que vont fournir des acteurs « infrastructure ». De plus la technologie utilisée dans Skype n’est pas sa propriété et ne permet pas d’avoir un avantage compétitif décisif. Les petites annonces vont être intégrées aux acteurs « communauté » et donc sa raison d’être en tant qu’acteur de niche va être difficile à défendre (d’où peut être la tentative de diversification avec Skype ?). Moralité il faut soit une infrastructure, soit la maîtrise de technologies clés. Cela dit il restera certainement des acteurs de niche mais beaucoup plus petits sur des secteurs ou la valeur ajoutée permettra de compenser l’effet taille.  Mais que font les empires face aux barbares ?  Et les acteurs médias dans tout ça ? Il y a une énorme révolution à faire pour eux. Pour les producteurs de contenus, il faut produire multi supports pour multi diffuser (je vois déjà des éditeurs de presse me dire que ce n’est pas leur métier. Certain maréchaux ferrant ont eut le même raisonnement il y a un siècle, c’est une espèce en voie de disparition. Les autres sont devenus garagiste).  Le principal problème sera la maîtrise du modèle économique car si comme avec les supermarchés, le fabricant survit difficilement s’il n’a pas la taille critique pour financer la promotion et le référencement de ses produits dans les linéaires. Cela dit même un gros peut se faire refuser l’accès au linéaire (Free refuse de distribuer TPSL). Quand on écoute Nicolas de Tavernost (DG de M6 entendu le 16/11 sur BFM) il n’y a pas beaucoup de place pour la négociation.  Je sais qu’Internet est un espace de « liberté » mais si vous n’avez pas de modèle économique…  L’autre aspect, le plus médiatisé : les droits d’auteurs. Déjà il faut distinguer le droit d’auteur à la française avec le copyright anglo saxon. Je sais, ce n’est pas simple mais pendant ce temps là le Peer to Peer gratuit progresse. Je crois difficilement à la possibilité de tout protéger et de rester sur le modèle économique qui a fait le succès des majors le siècle dernier. Nous nous acheminons probablement vers un nouveau modèle économique de production de contenus sans les majors telle que nous les connaissons. Il y aura certainement toujours des intermédiaires (des « agents intelligents », je sais ça fait très Matrix) mais leur rôle ne sera plus uniquement le financement et la distribution appuyé par une grosse campagne marketing.  Pour les diffuseurs c’est plus complexe. Ils sont assis sur une rente de situation où les canaux de distribution (les fréquences) étaient limités. Ils doivent donc rapidement faire évoluer leur métier de diffuseur « simple » à celui de fournisseurs de contenus pour des communautés. C’est peut être ce à quoi nous assistons lorsque M6 rachète Mistergooddeal,TF1 qui lance la video on demand ou les début de production multi diffusée sur mobile.  Toutes ces réflexions demanderaient à être développées mais je manque un peu de place.  Nous entrons dans l’âge 2 d’Internet non plus comme un vecteur de communication mais comme vecteur d’intermédiation de services. Que de perspectives pour les dix ans à venir … La vrai question c’est qui sera le nouveau barbare maintenant que Google devient un empire ?

 

 

 

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Uncategorized | | Un commentaire

Bourse irrationnelle ?

A quoi tient une valeur cotée aux Etats-Unis ? Une rumeur sur le départ du CFO d’Oracle, Craig Maffei, et l’action dévisse brutalement pour reprendre 3,1% en fin de séance. La rumeur de la venue de Maffei chez Expedia et le titre flambe de 9,3% à l’ouverture ! On frise la démence. C’est néanmoins très instructif sur la manière dont réagissent ceux qui font le marché. Si il y en a que ça intéresse, je vous invite à une séance de trading sur le Nasdaq en temps réel. Une fois que l’on a vu comment réagissent les valeurs, on comprend pourquoi le marché français est sous valorisé. Si l’on veut des entreprises puissantes en France il serait bon que nous mettions nos idées préconçues de coté et que l’on se dote de mécanismes capables de drainer des fonds de pensions. Arrêtons de toujours penser qu’en France ce qui fonctionne ailleurs ne peut s’appliquer.

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Débats | | Pas encore de commentaires

Navigateur Internet course perdue ?

En réponse à l’article de Tristan Nitot sur Elenbi.com au sujet de Firefox, je ne partage pas son optimisme. Je suis depuis 2004 les progrès de Firefox et j’ai essayé ce navigateur. Il ne m’apporte rien de plus que certain navigateurs basé sur IE avec des onglets (ex : Maxthon) et me complique la vie en m’obligeant à dupliquer mes favoris en plusieurs endroits. Avec le développement multi terminaux : Pc, TV, media center, mobile/PDA etc… la continuité d’usage va être la clé du succès. La compatibilité des produits Microsoft lui donne un avantage concurrentiel immense et avec les nouvelles fonctionnalités de media center ou de IP/TV (bientôt opérationnel chez Club Internet) cette puissance ne va faire que s’accroître. J’ai également rêvé d’une remise en cause de l’hégémonie de MS mais il faut regarder la situation. Dans les PC la messe est dite, au moins pour les 5 années qui viennent, après il faudra voir ce que donnera la tentative de Google avec les net terminaux Java (voir accord avec Sun). Pour la PDA idem, Palm a annoncé il y a quelques semaine qu’il se « rangeait » sous Mobile 5.0. Pour les téléphones portable MS n’a pas encore gagné mais c’est une question de paires d’années. La convergence de ces terminaux en PDA et TV mobile va accentuer le besoin d’un vrai OS multi usages et la concurrence n’existe pas. Microsoft est partout : PC, mobile/PDA, OS de salon pour media center et maintenant au niveau serveur chez les FAI. Sans une alliance majeure regroupant les acteurs : Symbian, Sun pour Java et Open Office, Mozilla, Google et quelques acteurs de hardware (Samsung, Nokia, Sony, Tivo, Thomson…), pour moi l’affaire est entendue : MS vainqueur par KO.

2 février, 2006 Posté par edgeminded | Uncategorized | | Pas encore de commentaires