Ning, un outil clé en main pour concurrencer MySpace ?

Les moteurs de blogs ont été synonymes de popularisation du User Generated Content , Ning sera-t-il le premier, d’une lignée de sites de services, à proposé des solutions pour créer son propres réseau social.
Cette interrogation prend tout son sens lorsque l’on regarde les revenus de MySpace ou l’estimation de sa capitalisation proche de 5 milliards de dollars.
Ning a été crée par le fondateur de Netscape, Marc Andressen, qui a investi personnellement 9 millions de dollars dans l‘entreprise.
Ning a été fondé il y a deux ans dans la « Valley », sur le constat que les réseaux sociaux, comme MySpace, permettent aux utilisateurs de se créer leur réseaux communautaires mais sans en avoir réellement le contrôle surtout publicitaire.
Les animateurs de réseaux les plus visités pourraient être tentés de créer et de gérer totalement leur communauté. Après les blogs qui prennent de l’audience aux médias traditionnels, ce sont les utilisateurs qui reprennent le pouvoir face aux géants du communautaire.
Si les autres sites proposent aux Internautes de se joindre à leur environnement, Ning permet de créer le sien. A quand un Ning pour faire son second life familial ?
Avec Ning l’utilisateur peut sélectionner très simplement des fonctions de partage de contenus ; choisir de rendre son site public ou privé. En standard Ning gère la publicité mais l’utilisateur peut choisir de payer un fixe mensuel et de substituer la publicité par ses propres messages.
Ce type de service est une nouvelle étape dans les services centrés sur les utilisateurs et démontre que dans l’Internet nous en sommes au début de la révolution.
Si on pouvait croire des entreprises comme MySpace ou YouTube difficilement attaquable, un nouveau service qui apparaît et ce sont vos clients qui changent de magasin. Surtout que celui pourrait se comparer à l’ameublement en kit où c’est l’utilisateur qui fait tout lui-même.
Les restructurations s’accélèrent dans les médias américains
Les entreprises de médias américaines ont supprimé presque 18000 emplois en 2006 ce qui représente une augmentation de presque 90% par rapport à 2005. Aucun signe d’un ralentissement n’est observé et il est à craindre que 2007 soit encore pire sur le terrain de l’emploi dans les médias. Dans le même temps le secteur Internet, y compris dans les médias traditionnels, recrute afin de faire face à une demande de plus en grande. Malheureusement comme souvent lors de transfert d’activités, les compétences ne sont pas les mêmes et peu pourront s’intégrer à la nouvelle économie.
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BitTorrent s’achète une bonne conduite et se lance dans la VOD
La technologie de peer to peer diffusée par BitTorrent est l’une des plus utilisée dans le téléchargement illégal avec celle d’emule-edonkey. Les majors américaines ont donc été souvent en conflit avec l’entreprise californienne même si depuis de nombreux mois le CEO annonçait une version respectant les œuvres protégées par des droits d’auteurs.
Comme nous vous l’avions déjà annoncé en novembre 2006 (ici) BitTorrent Entertainment Network va proposer en téléchargement payant plus 5,000 films, émissions de télé, jeux etc…. Le site en a profité pour changer de design et de logo.

Le secteur est déjà bien encombré par de nombreuses offres de VOD et BitTorrent va devoir affronter à la fois les portails de majors, des éditeurs de jeux et de la distribution comme Amazon sans oublier Apple.
L’originalité de l’offre repose sur le système de distribution en peer to peer qui réduit considérablement les coûts de bande passante pour le distributeur puisque chaque client de BitTorrent devient un fournisseur d’une partie du contenu.
Si cette méthode est bien acceptée par les Internautes dans le cas de partage de fichiers « gratuits », il n’est pas sûr que ce le soit pour des versions payantes si le client n’y trouve pas un avantage.
BitTorrent va retrouver sur ce segment les fondateurs de Kazaa qui viennent de lancer récemment Joost sur une technologie similaire mais avec une finalité différente.
Joost se propose ni plus ni moins d’être le canal + de demain à l’échelle de la planète alors que BitTorrent voudrait être la FNAC en ligne. Il est probable néanmoins qu’au-delà des annonces actuelles on assiste à compétition plus frontale.
La démarche de Joost me semble plus originale que celle de BitTorrent qui ne semble pas apporter grand chose de neuf pour les utilisateurs. Sa technologie étant d’ailleurs déjà reprise par Warner pour distribuer ses propres contenus.
De plus, pour convaincre les studios US de les autoriser à distribuer leurs contenus, BitTorents s’est engagé à mettre en place des DRM si controversées des deux cotés de l’Atlantique. Les clients actuels de BitTorrent ne passeront certainement pas facilement à une version payante bridée par des DRM alors qu’ils disposent déjà de contenus gratuits ouverts.
Les films seront proposés en location sur les bases de 2,99$ pour des vieux titres et 3,99 pour des œuvres récentes. Les contenus pourront être conservés pendant 30 jours mais seulement 24h après le début du visionnage. Les émissions TV et les clips musicaux seront proposées à 1,99$.
Bref rien de bien révolutionnaire et le pari n’est pas gagné pour BitTorrent. Pour le moment avantage Joost.
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Les revenus de Time Online progressent de 26% en janvier
Le groupe New York Times à vu les revenus de sa division Internet progresser de 26,2 % le mois dernier. L’essentiel de la croissance est tirée par les petites annonces et la publicité en ligne dans une moindre mesure. Les revenus d’About.com racheté en 2006 par le groupe de médias ont également augmenté de 22,5% que ce soit en CPC ou en CPM. Le président du groupe est donc confiant malgré un résultat en faible croissance des activités traditionnelles de 0,6%. Ce sont encore les petites annonces couplées à l’Internet qui permettent au groupe d’afficher un résultat positif.
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Après Viacom, c’est CBS qui se fâche contre YouTube
Les vidéos illégales n’ont pas fini d’ennuyer la vie du site de partage leader du marché. Après une joute avec Viacom qui a obligé YouTube à retirer près de 100 000 vidéos, c’est au tour de CBS de monter au créneau.
C’est d’autant plus étrange que CBS a passé un accord avec YouTube pour de la diffusion de contenus. Il semble en fait que ce soit une autre division du réseau de télévision qui soit à l’origine de cette nouvelle attaque. D’après un consultant de Nielsen, il semble que ces attaques anticipent une monétisation plus large de YouTube et visent à permettre aux entreprises de communication d’être en meilleure posture de négociation avec la filiale de Google.
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La loi Tv du futur adoptée par le parlement
Le projet de loi présenté par le ministre de la culture a été adopté afin d’organiser le basculement de la diffusion analogique vers le numérique. Cette loi fixe également les conditions de lancement de la télévision haute définition. Cette loi suscite de nombreuses controverses, notamment sur l’attribution d’un canal bonus pour les chaînes hertziennes historiques.Mais d’autres points de la loi sont également contestés comme le compte de soutient aux programmes audiovisuels (COSIP) que Free à pris pour cible récemment (ici) ou des mesures qui semblent largement dépassées avec l’accès à Internet de manière planétaire. Nous avions d’ailleurs soulevé certaines de ces aberration dans un contre rendu des conférences NPA (ici)Articles en relation :L’intervention de Renaud Donnedieu de Vabre, le ministre de la culture est sur le même modèle que le CSA.Audiovisuel de demain, discours d’Emmanuel Hamelin, Député de Lyon, Président du Club Parlementaire sur l’avenir de l’AudiovisuelLes modèles économiques de l’audiovisuel de demainLes champs de confrontation de l’audiovisuel de demainIntervention de Denis Rapone du CSA qui remplace Dominique Baudis, souffrant.Free dénonce un nouvel impôt, en préparation, sur InternetLe Blic, le Bloc, la SACD, l’Uspa et l’ARP contestent la position de Free sur la taxe COSIP
Google Apps Premier Edition, une pierre de plus dans le jardin Microsoft Office

Cela fait des mois que de nombreuses rumeurs font état de la volonté de Google de concurrencer Office Live sur le secteur des petites entreprises. Le voile est levé, le géant de Mountain View vient d’officialiser, aujourd’hui, le lancement d’un service à destination des professionnels intégrant les grandes fonctions de Microsoft Office.
Bien que Google ait toujours affirmé haut et fort qu’il ne se positionnait pas comme concurrent de Microsoft (CES 2006 ici), ce service est bien en compétition frontale avec la suite Office et surtout Office Live sur la cible de PME. La suite Google intègre un traitement de texte, un tableur un outil d’agenda et d’emails. L’accès au service sera commercialisé 50$ par an et par utilisateur.
Le service appelé « Google Apps » existe en version gratuite depuis aout 2006 (ici) et aurait séduit plus de 100000 petites entreprises. Cette nouvelle version payante appelée « Premier Edition » étend le stockage en ligne à 10 Go, la garantie que les services seront disponibles à 99,9% et l’accès à un service de support téléphonique. Un accès mobile via un Blackberry est également inclus.

Si c’’est pour Google un moyen d’être moins dépendant des revenus publicitaires, c’est un coup dur porté à Microsoft qui vient juste de proposer Office 2007, compte tenu des profits dégagés par la division Office.
La guerre économique continue entre ces deux acteurs car cela va fragiliser les sources de revenus de Microsoft et donc le freiner dans sa capacité d’investissement pour venir contrer Google sur la publicité en ligne. Le géant de Seattle vient néanmoins de répliquer en annonçant un accord avec BT au Royaume Unis visant à développer une place de marché logiciels et services pour les petites et moyennes entreprises.

Le prix n’est d’ailleurs pas le seul élément de choix des entreprises plus focalisées sur la productivité de leurs employés. En tenant compte qu’en moyenne les suites Offices sont mises à jour tous les 3 ou 4 ans et que les grandes entreprises négocient de conséquentes remises, d’après Merrill Lynch, le gain réel serait de 60 à 120 $ par an et par utilisateur.
Procter Gamble et General Electric ont déjà signé un accord avec Google mais aucun chiffre ne circule sur le nombre d’utilisateurs concernés. De nombreux partenaires de Google comme Avaya travaillent également pour inclure Google Apps dans leurs applications
Google Apps est d’’ors et déjà disponible en anglais, français, italien, allemand, espagnol, chinois, japonais et coréen

Je reste néanmoins sceptique sur la capacité de ce type de services en ligne à supplanter, à court terme, la suite de Microsoft. Il faut vaincre les habitudes et la résistance au changement et surtout il n’est pas sûr que les entreprises voient d’un bon œil leurs documents soient hébergés par un tiers et par Google en particulier (Faut-il faire confiance à Google ?).
Je crois mieux pour les prochaines années, à la stratégie de Microsoft qui vise à fournir des briques logicielles à destination de tiers comme des SSII et ou des opérateurs de télécom afin d’offrir des services complets aux entreprises. J’ai d’ailleurs proposé cette idée en février 2006 dans un essai prospectif (ici) où je voyais la transformation de FAI en FAMS (fournisseurs d’accès multi services) pour les entreprises avec de multiples applications en mode ASP intégrant l’accès Internet et le support total.
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TF1 : Patrick Le Lay passe la main sur fond de résultats en demi-teinte et d’un futur incertain.
TF1 : Patrick Le Lay passe la main sur fond de résultats en demi-teinte et d’un futur incertain.
Dans un communiqué de presse, complété par une réunion de présentation des résultats, le groupe TF1 a annoncé que Patrick Le Lay cédera sa place de Directeur Général à Nonce Paolini, actuel directeur général de Bouygues Telecom.
Patrick Le Lay restera président du groupe, la dissociation des deux fonctions intervenant pour cet occasion. Ce retrait avait de nombreuses fois été évoqué et intervient à un moment charnière pour la chaîne. Patrick Le Lay a incarné pendant 20 ans le succès de TF1, première chaîne en Europe et largement leader en France. Ce breton connu pour son caractère bien trempé peut donc transmettre les rennes d’une entreprise en excellente santé financière.
Le résultat net du groupe s’établit à 452,5 millions d’euros, en hausse de 91,5%, du à la cession de TPS car sans la vente du bouquet satellite à Canal +, le résultat net des activités ressort à 198,7 millions d’euros, en diminution de 9,9% par rapport à 2005
Tout n’est donc pas rose pour la chaîne et dans le paysage audiovisuel et la communication en générale qui subit les assauts des acteurs de l’Internet.
Après la presse quotidienne et magazine qui font face à une concurrence dans la consommation médiatique des français, la consommation TV commence, elle aussi à s’éroder légèrement.
Ce facteur seul n’est pas une menace sérieuse pour une chaîne comme TF1 qui peut se prévaloir de contenus qui draineront toujours une audience importante. Les vrais soucis sont dans l’évolution progressive des modes de consommation des contenus audiovisuels.
Si TF1 est le champion incontesté des rendez vous télévisuels, la consommation décalée (dans le temps et l’espace) rendue possible par les nouvelles technologies modifie la donne. Les nouveaux services de diffusion en ligne, comme ceux de Joost, ou les sites de VOD des grands studios de production américains risquent de perturber profondément le modèle économique de la chaîne (voir nos autres articles sur ce sujet).
Le nouveau directeur général va donc devoir prendre les commandes d’un navire qui doit faire face à un changement climatique qui pourrait rapidement entrainer une tempête avec le bouleversement de la chronologie des médias.

L’abandon récent de l’offre mobile démontre que la stratégie de TF1 dans les nouveaux médias n’est pas aussi efficace que celle, bien rodée, de la diffusion braodcast. Le succès mitigé de WAT et surtout la taille de la concurrence dans ce domaine ne sont pas non plus de nature à rendre optimiste sur la capacité du groupe de télévision à se réinventer.
Tout n’est pas non plus sombre, car la filiale de Bouygues peut s’appuyer sur des hommes de talents et son investissement récent dans le groupe AB qui va lui donner accès privilégié à des contenus.
L’évolution du chiffre d’affaires publicitaire, à court terme, est également un atout de taille qui lui permet d’investir avec des finances importantes contrairement à la presse qui se trouve dans une situation économique qui freine tout investissement dans l’Internet. Le CA publicitaire de TF1 est en augmentation de 3,7% entre 2005 et 2006 à 1,708 millions d’euros et les perspectives annoncées par le PDG sont plutôt encourageantes avec une croissance attendue entre 6 et 8% en 2007.
Chiffres d’affaires en hausse, résultat net en baisse, des atouts dans l’accès aux contenus et un paysage audiovisuel en évolution, le nouveau DG aura fort à faire.
La mise en place d’une stratégie claire sera déterminante dans la capacité de la chaîne à s’adapter aux mutations en cours. Reste à vaincre les pesanteurs internes et à calmer les différentes chapelles pour que ce groupe transforme sa réussite passée en succès futur dans ce nouveau monde de la communication qui s’ouvre à nous. Nonce Paolini, qui a occupé le poste de DRH de la chaîne pendant 8 ans, connaît certainement bien le sujet et nul doute que sa nomination a été longuement murie par les hommes de Martin Bouygues.
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Rapport Tessier : la presse face au numérique

Les rédacteurs de ce rapports, Marc Tessier et Maxime Baffert, ont analysé la situation de la presse face au numérique et aux indicateurs de baisse des audiences et des recettes ces dernières années.
Le rapport met en avant la baisse régulière de la diffusion et de l’audience, la stagnation des revenus publicitaires, le recul du nombre de points de vente et l’accélération de la concentration. Ainsi, d’après l’OJD, la diffusion totale payée de la presse grand public a reculé de 6 % entre 2000 et 2005. Pour la presse magazine seule, la baisse sur la même période est de 5 % et affecte la presse d’information générale, la presse féminine, la presse du voyage et des sports…
L’arrivée d’Internet a accéléré la baisse croissante de la presse depuis 1970 et mis en lumière les faiblesses structurelles de ce secteur : faible rentabilité, lourdeurs et difficultés de faire évoluer les entreprises de presse et leur modèle de distribution, coûts de production élevés par rapport à leurs homologues européens… La rentabilité s’explique par la faiblesse des tirages et des coûts fixes incompressibles. Les contraintes sociales et les coûts élevés d’impression alourdissent le tableau. Comparativement, le coût moyen par employé est de 53000 € en France contre 38 000€ en Allemagne alors que déjà ce pays est connu pour avoir des coûts salariaux plus élevé qu’en France. L’arrivée de quotidiens gratuits qui se sont hissés dans le top 5 de la diffusion pourrait laisser penser que le prix des journaux est trop élevé et que le système de distribution doit évoluer.
Le temps consacré à la lecture de supports papiers se réduit alors que celui passé sur Internet augmente et parallèlement il y a une fragmentation des audiences.
Une étude européenne met en lumière que près de 10% du temps consacré aux médias revient à Internet. Les supports papiers dont le modèle, comme les autres médias, est basé sur la rareté des canaux de diffusion de l’information, souffre de la multiplicité des moyens d’accès à l’information.
Cela est particulièrement vrai pour l’actualité sur le net qui ne souffre pas de contrainte de bouclage, de mise en page et de délais de production. Internet devient donc le média prédominant devant la presse.
Ce phénomène touche particulièrement les supports tournés vers le service comme les guides ou les annuaires. A titre d’exemple le rapport cite les audiences de Pariscope et de l’Officiel des Spectacles dont les diffusions payées ont chuté respectivement de 16 et 36%. Cela touche évidemment les petites annonces qui sont une ligne de revenus très importante pour la presse.
Les organes de presse écrite ont donc rapidement proposé des extensions de leurs journaux sur le net mais sans réussir à trouver un modèle économique satisfaisant.
Internet amène de nouveaux usages.
L’arrivée des blogs et autres sites de contenus générés par les utilisateurs modifie profondément le rôle de la presse. « Cela enlève à la presse et aux rédactions un des éléments fondamentaux de leur rôle : la capacité à organiser et à hiérarchiser l’information transmise aux lecteurs. Déjà, avec les moteurs de recherche, il était possible, de contourner l’architecture voulue par les concepteurs des sites et d’aller directement sur la page Web souhaitée. Le Web 2.0 va encore plus loin, puisque l’internaute, loin d’être obligé de suivre l’ordre et les choix éditoriaux d’une rédaction, peut choisir les informations qu’il veut consulter en fonction de ses propres préférences ».
Internet fragilise le modèle économique sur lequel la presse est bâtie.
Internet entraîne un bouleversement des modèles économiques et d’organisation des éditeurs de presse. Bien que ce ne soit pas l’objet du rapport, les rédacteurs souligne que cela touche tous les médias TV, radios…mais que la presse papier est plus touchée. Si la presse quotidienne nationales a été la première a subir la concurrence d’Internet, c’est au tour de la presse magazine.
Si la plupart des groupes de presse ont développé des offres Internet celles-ci ont été souvent vues comme des extensions de leurs activités de base ce que le rapport appelle sites compagnons. Cette approche n’a pas vraiment permis de dégager des revenus suffisants pour compenser la perte sur l’activité de base.
Les revenus publicitaires se redistribuent sur Internet parallèlement à la baisse des audiences. Les perspectives de la presse écrite sont donc assez sombres bien que les rédacteurs du rapport ne prédisent pas la disparation du papier, impossible à annoncer dans le contexte, ils préconisent des investissements industriels massifs pour se positionner sur Internet.
Cela doit se faire très rapidement car les rapporteurs mettent en lumière le niveau de publicité élevé par rapport à la part de consommation des médias. Un rééquilibrage dans les budgets publicitaires accentuerait encore la fragilité des éditeurs.
Le principal problème est clairement évoqué : la gratuité des contenus sur Internet et la position d’infomédiaire que s’arrogent les Google Yahoo et autre MSN. En clair rien de bien nouveau par rapport à ce que nous disons sur YouVox Tech depuis des mois et que personnellement j’ai écris dans des rapports à la presse quotidienne régionale en 2000.
La presse doit donc investir sur le numérique mais avec quel modèle ?
Les différents professionnels audités dans ce rapport perçoivent clairement la menace et le besoin de constituer des rédactions multimédias. J’avais proposé de le faire chez Hachette Presse en 1993… Bon sûrement un peu tôt.
Il s’agit d’un véritable enjeu pour des professionnels habitué à écrire pour un journal ou un magazine. La notion de multi supports et de données composites n’est pas naturelle dans la conception d’un contenu qualitatif.
Si la presse quotidienne est très présente sur Internet avec la reprise de contenus produits, et amortis, pour le papier, la presse magazine est peu représentée en dehors de d’une présence symbolique visant à inciter le lecteur à l’achat du support papier. Certains éditeurs proposent néanmoins des extensions pures Internet sur leurs sites conçues par des rédactions web.
La part de données composites augmentant l’atout de la connaissance de l’écrit ne sont plus suffisants pour faire la différence avec d’autres entreprises de communication. L’extension vers les blogs et les contenus générés par les utilisateurs devient indispensable afin d’amener une véritable interaction avec les lecteurs.
Les sites de presse sur Internet bénéficient néanmoins d’un attrait considérable validé par les taux de fréquentation très élevé : 50% des taux de consultation sur l’information. Si les clients sont présents il reste néanmoins à monétiser cette présence en regard des coûts de production.
Cela milite pour des économies d’échelles et la concentration des acteurs. Seuls les gros éditeurs et les sites à très fortes consultations pourront amortir les coûts de fabrication. Cela sera rendu encore plus difficile par l’exigence des consommateurs envers des fonctionnalités de web 2.0 où les seuls contenus ne suffiront plus. J’avais au cours d’une réunion avec la presse quotidienne régionale, en 1999, annoncé que le contenu devait être au service du service. Nous y sommes. Cela va affaiblir la synergie éditoriale entre le papier et le net et amoindrir l’avantage concurrentiel de la presse.
Tout n’est pas perdu pour autant comme le démontre les chiffres du journal norvégien Schibsted qui réalise aujourd’hui 49% de son chiffre d’affaire sur Internet. L’exercice est particulièrement difficile au regard de la destruction de valeur sur Internet. Outre la gratuité des contenus, le niveau de rémunération de la publicité est inférieur dans un rapport de 5 à 10. Il faut soit apprendre à vivre avec moins, soit être l’un des sites leaders qui truste le gros des budgets.
Cette situation pousse à s’interroger sur la viabilité de la presse sur Internet et sa capacité à monétiser à hauteur de ses coûts de production. Certains ont essayé des modèles mixtes (parties gratuites et d’autres payantes) mais cela ne convient pas à tous les types de contenus. D’autres, comme le Parisien, ont adopté une formule payante qui s’est traduite par un effondrement de leurs trafics.
En effet la plupart des informations et des services sont maintenant disponibles gratuitement sur de nombreux sites de pures players. Seuls des éditeurs de contenus à haute valeur ajoutée comme dans la finance réussissent à fonctionner sur un modèle payant. Ce sont d’ailleurs souvent les entreprises qui payent l’abonnement.
Dans le domaine du grand public, le retard pris par la presse devient préoccupant d’autant que des acteurs purs Internet ont acquis des positions difficiles à déloger (Aufeminin.com par exemple) sans avoir les contraintes sociales de la presse…
Il faut ensuite craindre le développement de contenus sur des sites de services où l’information deviendrait un produit d’appel, que ce soit des sites marchands ou des collectivités locales. Ce phénomène est également particulièrement dangereux car ce qui est le cœur de métiers d’entreprises de communication deviendrait une commodité pour d’autres acteurs. Même si le niveau de qualité ne pourra certainement pas rivaliser avec de vrais professionnels de l’information le trafic détourné pourrait aggraver la situation financière des acteurs de presse.
Les sites des magazines semblent avoir davantage à craindre des pure players qui se positionnent sur des thématiques proches des leurs.
Le pluralisme de médias.
Les règles juridiques établies après la guerre deviennent caduques car la fin de la limitation des canaux de diffusion avec Internet entraine de fait l’accès à une pluralité des contenus et la presse n’est plus la seule « garante » de cette diversité des opinions. Le véritable sujet devient plutôt la véracité et l’accès différentié aux informations en ligne.
Le papier électronique.
Comme si les éléments précédents ne suffisaient pas à fragiliser la presse, l’avènement programmé du e-paper pourrait menacer l’aval des entreprise en presse en réduisant le nombre d’exemplaires tout en les obligeant à maintenir un outil industriel pour les lecteurs papier restants. Dans un second temps la restructuration nécessaire des groupes de presse pénalisera encore plus leurs fonds propres…
Parallèlement il existe également un risque que des gros acteurs Internet soient tentés, comme aux Etats Unis , de publier une extension papier à leurs contenus en ligne. En 2000 j’avais proposé que le journal papier soit ce qu’est l’imprimante au PC mais cela n’avait enthousiasmé les foules….
Le risque est grand que l’écrit échappe aux entreprises de presse.
Les propositions du rapport.
Les investissements permanents sur le net imposent aux groupes de presse de retrouver une forte rentabilité. Le rapport préconise des incitations fiscales à l’investissement dans la presse.
« Il faut accroître les synergies d’entreprises pluri-médias, favoriser la pluri compétence (ou polyvalence), notamment dans le domaine de l’information, protéger l’édition écrite du parasitage et du « copillage », faciliter l’émergence de sites d’information s’inspirant des règles et de la culture qu’un siècle de presse a permis de mettre en valeur. »
Une autre piste étudiée concerne les droits d’auteurs qui pénalisent la mise en place de contenus multi supports. Le rapport préconise une période courte pendant laquelle les organismes de presse disposeraient des droits sur tous les supports puis ensuite des droits assimilés à de la consultation d’archives rémunérés différemment.
Le problème de la distribution est également soulevé avec la proposition d’accroître significativement le nombre de points de vente.
Depuis 2002 la presse quotidienne enregistre des pertes annuelles cumulées entre 56 et 175 millions d’euros. Ceci malgré les importantes aides publiques de 164 millions d’euros en aides directes auxquelles s’ajoutent les 161 millions d’aides à la distribution. Le rapport Tessier ne préconise pas d’extension de ces aides. La préconisation est plutôt de renforcer les fonds propres des éditeurs de presse à travers des mécanismes de donations, de fondations soutenues par des particuliers ou de la constitution d’un fonds dédié à l’investissement dans les entreprises de presse
Une TVA réduite ?
Les rédacteurs préconisent la mise en place d’une TVA réduite afin de rendre plus attractives les offres payantes sur Internet en partant du principe que seuls les gros sites pourront vivre de la publicité en conservant des contenus de qualité. Des formules payantes permettraient aux sites plus modestes d’équilibrer leurs comptes.
Il faut encore régler la négociation avec l’Europe et prendre garde aux délocalisations des serveurs dans des pays à fiscalité réduite.
Un statut pour les journalistes citoyens ?
L’émergence de contributions de plus en plus nombreuses des Internautes dans les sites d’information pose la question de la rémunération éventuelle. Le rapport préconise un statut particulier afin de permettre à la presse de conserver son avantage concurrentiel.
Vers un label pour les sites d’information ?
Il semble que sur ce point les avis divergent largement entre les différents acteurs audités dans le cadre de ce rapport. Certains souhaiteraient un statut réservé aux entreprises de presse alors que l’on trouve des contenus de qualités également chez des pures players. La recommandation serait donc plutôt un label visant à faire respecter des notions comme le caractère général du contenu, la continuité de l’information et l’actualisation régulière des sites en lien avec l’actualité, l’existence d’une rédaction indépendante composée de journalistes professionnels, la transparence sur l’origine des informations, le principe d’un contrôle éditorial ou encore l’existence d’un médiateur.
Notre conclusion
Le rapport est intelligemment conçu car il mixe des pistes sectorielles avec des recommandations générales. Nous avons donc un mélange de constatations qui dérangent avec des mesures qui recommandent de suivre des pistes sans prendre parti. Si on peut reconnaitre aux rapporteurs des talents de diplomates prudents dans un environnement explosif cela ne prend pas en compte l’hypothèse d’une refonte totale de l’organisation des médias et de leurs modèles économiques non pas en partant de l’existant mais en tenant compte de la réalité de l’Internet et des perspectives.
C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous avons conçu YouVox en partant du principe que l’économie d’Internet ne permettait pas de faire fonctionner sur un modèle d’organisation de la presse papier. Il faut maintenant raisonner en terme de low cost pour la plupart des éditeurs.
Certains très gros acteurs pourront continuer à exister avec une vrai stratégie multi supports en amortissant la création de contenus sur plusieurs sites Internet et en plusieurs langues et sur plusieurs supports papiers. Cela nécessite une taille critique que peu d’acteurs peuvent avoir et les concentrations entre mêmes acteurs ne sont pas toujours la solution. Il y aura donc encore de nombreuses disparitions de journaux et magazines dans les prochaines années.
Télécharger le rapport : le document (pdf - 586 ko, 71 pages) > annexe 1 (pdf - 180 ko, 32 pages) > annexe 2 (pdf - 309 ko, 24 pages)
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Erenis passe sous le contrôle de Neuf Cegetel
La course à la fibre continue entre les trois grands FAI français : Orange, Free et Neuf Cegetel. Ce dernier vient d’annoncer ce matin la signature d’un accord pour prendre le contrôle d’Erenis. Le dernier acteur de la fibre indépendant vient rejoindre, comme Citéfibre avec Free, un groupe capable d’investir pour le développement du très haut débit. Neuf Cegetel se retrouve à égalité avance Free en absorbant une entreprise qui possède l’expérience du déploiement de la fibre et plus de 10 000 clients actifs à Paris.
L’offre d’Erenis commence à 29,90 € par mois comme celle de free avec Citéfibre, cela va obliger Orange à s’aligner sur ces tarifs et modifier sa rentabilité. Au-delà donc de la concentration et de la course au déploiement de la fibre c’est donc bien une guerre économique que ce livre ces trois acteurs.
Neuf Cegetel continue donc sa croissance externe mais ces acquisitions multiples risquent de dégrader ses finances, son cours de bourse et sa capacité d’investissement face à un Free en qui n’a aucune dette et un free cash flow excellent.
Le marché des FAI est bien en concentration comme nous l’expliquions dès fin 2005 (ici).
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