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Nouvelle consolidation des FAI. Après Club Internet, une fusion SFR Neuf Cegetel est-elle possible ?

De la prospective à la réalité. La consolidation du marché français des fournisseurs d’accès à Internet est en cours. Il y a 16 mois, j’écrivais « Combiens de FAI et d’acteurs Internet restera-t-il dans 10 ans ? ». Il semblait déjà que la taille du marché national et européen, à terme, ne permettraient pas à plus de trois acteurs de survivre.

L’abandon du marché français du haut débit par Deutsche Telekom, annoncé la semaine dernière, sonne le glas de Club Internet et conforte les trois acteurs principaux : Orange, Free et Neuf Cegetel. Il est très vraisemblable que tous les autres opérateurs de triple-play disparaissent dans un vaste mouvement de consolidation. Si Club Internet est déjà en vente, Alice - filiale de Telecom Italia - suivra rapidement car il n’a pas atteint la taille critique des 2 millions d’abonnés haut débit et la rentabilité.

Le rêve d’une présence paneuropéenne des acteurs historiques de la téléphonie a vécu et Free a encore une fois eu raison de se concentrer sur un seul pays.

Club Internet sera probablement racheté par Neuf, Free ou Noos, mais dans tous les cas cela ne changera pas grand chose dans leur stratégie industrielle.

A terme, on peut s’attendre à une fusion entre Neuf Cegetel et SFR qui donnerait naissance à un acteur national présent sur tous les segments concurrents de France Telecom, fixe et mobile.

Vivendi a déjà annoncé son intention de racheter les 44% de SFR détenus par Vodafone. L’opérateur mobile britannique, qui a besoin de liquidités, pourrait être tenté de réaliser une jolie plus-value sur un actif qu’il ne pourra jamais contrôler.

Vodafone peut également proposer de convertir ses 44% de SFR en parts de capital de l’ensemble SFR-Neuf. Puisque les deux structures sont cotées en bourse, il est simple de calculer leurs prix de marché. Les discussions doivent aller bon train entre les actionnaires existants.

C’est vraisemblablement cette option qui devrait se réaliser. En effet, Vodafone cherche à étendre son offre à l’international et propose déjà de l’abonnement fixe-mobile en Grande-Bretagne en s’appuyant sur les infrastructures de BT. La période du tout mobile est révolue pour le numéro un mondial du sans-fil.

Quid des « indépendants » ?

Dans ce jeu de la consolidation du marché français des télécoms, il reste trois acteurs autonomes importants : Free et Noos sur le fixe et Bouygues Telecom sur le mobile. Ils sont tous les trois isolés et à terme se posera la question de leur rapprochement.

Je vois mal une entente entre Patrick Drahi (Noos-Numéricâble), Xavier Niel (Iliad-Free) et Martin Bouygues, mais parfois les intérêts financiers dépassent les clivages personnels. Après tout, nous sommes dans le monde des affaires, pas en politique.

Le câblo-opérateur Noos est dans une situation difficile et son management ne me semble pas en état de corriger le tir pour satisfaire les attentes de son principal actionnaire Cinven. Le fond d’investisement britannique, avec ses 70% du capital de Noos-UPC-Numéricable, devrait tenter une sortie par le bas ou par le haut. Par le bas, il tire un trait sur son investissement dans les réseaux câblés et cherche à vendre. Par le haut, il investit dans la 4ème licence de téléphonie mobile et cherche à racheter Free en proposant une énorme prime ou une fusion et une cogestion de l’ensemble.

C’est cette dernière hypothèse qui me semble probable : une fusion Noos-Free, avec l’éviction du management actuel de Noos au profit de celui de Free et l’investissement sur la 3G en commun. C’est le seul moyen pour ces deux acteurs de faire le poids dans le marché en présence. Une alliance avec un fond d’investissement serait un élément moteur important pour Free et permettrait à Xavier Niel de réaliser son rêve de créer un groupe capable de concurrencer France Telecom sur tous les segments. Ensemble, ces deux entreprises pourraient soumissionner à la 4ème licence et offrir du multiplay total. Free a déjà étudié attentivement la possibilité d’investir le mobile, sans toutefois sauter le pas pour des raisons de rentabilité.

Si cette hypothèse se réalise, la valeur potentielle de Bouygues Telecom va s’effondrer. Car un acteur mobile entouré de concurrents capables d’offrir du multi play pourrait rapidement perdre ses clients. Comme, de surcroît, cet opérateur n’a jamais favorisé le développement de MVNO sur son réseau, ce qui est à mon avis une erreur compte tenu de sa position, il sera encore plus fragile.

Il n’est cependant pas évident que les managements en présence parviennent à trouver un accord sur le pilotage de l’ensemble et comme Xavier Niel et le management sont largement majoritaires il seraient un élément déterminant dans le nouveau groupe.

Le plus serein, à court terme, est encore Free qui peut rester indépendant encore 1 ou 2 ans et laisser la pression monter pour se rapprocher du plus offrant. Néanmoins dans l’intervalle il va lui falloir trouver une solution dans la téléphonie mobile et l’hypothèse du MVNO n’est plus à exclure. « Free MVNO ? Les raisons d’un revirement ».

Une fusion avec Ten serait également intéressante pour les deux parties et dans une interview exclusive récente, Jean Louis Constanza le patron de Ten, nous avait laissé entendre qu’il pourrait participer à des consolidations mais pas avec des MVNO…. (Télévision et accès internet illimité gratuits sur mobile chez Ten)

Nous y verrons plus clair avec les résultats de l’appel d’offres sur la 4ème licence 3G. Si aucun industriel n’est intéressé, un schéma avec Bouygues Telecom peut encore se dessiner avec Noos ou Free. Si Noos obtient la licence, la partie sera relancée. C’est un joli jeu de chaises musicales, non ?

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12 mars, 2007 Publié par edgeminded | Actualité, Convergence, Stratégie | | Pas de commentaire

Les nouvelles technologies, une chance pour les médias historiques ?

C’est la conclusion rapide d’une étude présentée à la presse par le bureau d’analyse CA Cheuvreux.
Cette société d’analyses financières réputée indique que les évolutions technologiques sont plus une opportunité qu’une menace pour les médias existants qui possèdent des marques et des contenus.

“Les opérateurs historiques, ceux qui ont des marques et des contenus, vont bénéficier des évolutions technologiques plutôt que d’en pâtir”, a indiqué Arnaud Frérault, l’analyste média de CA Cheuvreux lors d’une présentation.

Ainsi “le téléchargement d’émissions (podcast), qui était vu comme une grosse menace pour les radios, s’est révélé une formidable opportunité. D’un média de direct-live, la radio est devenue, en plus, un média de différé, de catalogue”, note-t-il.

“La télévision mobile ne cannibalise pas l’audience, elle vient se greffer sur l’audience déjà existante, elle rajoute de l’audience. (…) L’ADSL fournit des abonnés supplémentaires à la télévision à péage”, ajoute-t-il.

D’après Arnaud Frérault, “les groupes historiques sont relativement protégés pour l’accès aux contenus, même par rapport aux cash flows énormes des groupes de télécommunications”.

Il a notamment cité en exemple Deutsche Telekom avec son offre football sur ADSL. L’opérateur allemand avait remporté fin 2005 les droits Internet de la ligue allemande de football - le câblo-opérateur United Media reprenant les droits télévisés à Première - mais, selon lui, n’a réussi en début de saison qu’à séduire un nombre dérisoire d’abonnés (37) à son offre ADSL, faute de savoir-faire en la matière.

Le « Time shifting » ne tuera pas la TV

Le cabinet estime que “la vidéo à la demande ne tuera pas la télévision payante car les abonnés restent surtout motivés par les événements sportifs”. “La télévision commerciale restera un événement, l’équivalent de la place du village auparavant, et ne sera pas concurrencée par une télévision sur mesure, à la demande”, prédit-il.

La multiplication des chaînes aura, certes, un impact sur la part d’audience d’une chaîne comme TF1 qui ne captera plus que 25% de l’audience d’ici trois à 4 ans et non plus 32% mais TF1 “conservera la moitié du marché de la publicité”, car elle seule sera à même de toucher une audience de masse.

Pour la presse écrite généraliste, le constat de l’analyste est clair : “on s’oriente vers un modèle 100% gratuit financé par la publicité”. La presse spécialisée devrait conserver le modèle payant.

Mon analyse sur la presse papier

Compte tenu du sérieux de CA Chevreux, il est toujours difficile de contester un tant soit peu ce type d’analyse. Pourtant je ne partage pas son optimisme sur tous les médias existants.

On peut remarquer d’ailleurs que l’analyse sur la presse impose un modèle gratuit. Je ne suis pas sûr que ce soit possible pour tous les supports papier car la taille du gâteau publicitaire étant limité, si ces médias doivent s’orienter vers le gratuit, leur modèle même est menacé car ils ne sauront pas produire leurs supports sans la vente au numéro. C’est vrai pour les journaux mais surtout pour les magazines et seuls les plus forts survivront. Je ne vois donc pas matière ici à dire que les nouvelles technologies sont une chance pour les éditeurs de presse.

Mon analyse sur la télévision.

Je rejoins tout à fait Arnaud Frérault sur l’importance et la force des marques. C’est certainement l’élément le plus important pour les médias traditionnels. Je le rejoins également sur la baisse d’audience des chaînes actuelle par l’émiettement entre les différents médias (chaînes TNT et sites Internet de contenus). Je suis moins d’accord avec lui lorsqu’il indique que malgré cette baisse les grandes chaînes conserveront leurs revenus publicitaires. Ceci pour plusieurs raisons. Premièrement la part dédiée à Internet est en progression à deux chiffres depuis 5 ans. Si cette progression est importante, en valeur absolue les chiffres sont encore faibles et donc peu impactant aujourd’hui sur les réseaux de télé. Cette situation va changer car déjà aux Etats-Unis les couts publicitaires sur Internet sont en augmentation. Comme les budgets ne sont pas extensibles à l’infini, il y aura des arbitrages. Le problème pour les chaîne va être de savoir conserver des contenus de qualité, donc souvent chers à produire, pour garder de l’audience avec des revenus en baisse. Les médias actuels sont parfaitement structurés pour répondre à la demande d’aujourd’hui. Lorsqu’il va falloir se restructurer pour s’adapter ce sera peut être plus difficile.

Autre point les événements sportifs. Le direct est évidemment un élément clé de la survie des grandes chaînes et elles sont mieux placées pour « adresser » une large audience en rapport avec les coûts de retransmissions demandés par les acteurs du monde du sport. Si actuellement les audiences Internet sont largement insuffisantes pour concurrencer celle de la télévision, il faut se projeter dans 5 ou 10 ans pour essayer de comprendre comment nous consommerons et quelle seront les possibilités offertes par les ayants droits du sport. A titre d’exemple j’ai modélisé ce que pourrait être la retransmission de la Formule 1 à travers une plateforme multi supports directement via Internet et tous les terminaux mobile. Un accord pourrait être trouvé directement avec la SLEC et des acteurs de diffusion sur Internet (Vpod.tv, Orb etc..). Il n’est pas  sûr qu’à l’avenir ce ne soit pas plus intéressant pour les détenteurs de droits sportifs de prendre en charge directement la diffusion de leurs contenus sans passer par des chaînes « broadcast ». Ces chaînes ne sont pas n’on plus sans ressources vis-à-vis de ce type d’approche, mais il faut qu’elles modifient leur position dans la chaîne de valeur ajoutée. Devenir un prestataire de services pour les ayants droits en mettant en œuvre une intégration fine des technologies afin d’éviter que ces ayants droits aient envie de le faire eux même.

Donc en conclusion tout n’est pas rose, surtout pour la presse papier, mais il y a de l’espoir pur les entreprises qui sauront évoluer dans cette nouvelle chaîne de valeur.

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22 novembre, 2006 Publié par edgeminded | Actualité, Convergence, Stratégie | | Pas de commentaire

Les technologies de demain sont déjà dans les laboratoires, petit aperçu

Avec ces articles relevés dans Akihabara News un constructeur japonais préfigure ce qui peut être dans une dizaine d’années sera notre quotidien à la maison. A condition, bien sûr d’avoir un grand salon (donc pas pour tous les japonais). Au travers de cette démonstration technologique, il faut y voir des opportunités et l’avènement de l’ère de l’ubiquité des contenus et des services. Je vous propose de redécouvrir la nouvelle Imaginons 2016 qui est un exemple d’usages de ce type de technologies.

Comme toutes les entreprises à l'échelle internationale, jour après jour, Panasonic pense à notre futur et essaie de concevoir aujourd'hui nos outils de demain. Il est maintenant indéniable que la TV, l'informatique et l'internet possèdent une place importante dans notre vie de tous les jours.
C'est donc sur ce principe que Panasonic a développé un mur TV Interactif avec un écran tactile possédant la superficie de 2 TV de 110"

Sur ce mur donc vous pouvez non seulement regarder
la TV , mais aussi surfer sur Internet ou lire vos email, écouter de la musique, voire même avoir la possibilité de voir sur un grand écran qui sonne à la porte… mais aussi de jouer avec ce dernier, et oui l'écran est tactile il est donc tout à fait possible et comme vous allez le voir sur la vidéo que nous avons faite pour vous, de jouer au Basket ou même au piano sur cet écran.

Après le Mur Interactif, Panasonic nous a fait le plaisir de nous faire découvrir leur Table Interactive et Intelligente. En gros votre téléphone portable possède vos DATA perso, Agenda, Contacts… et une fois posé sur votre table, un petit "agent" est capable de lire les infos de votre Téléphone, mais ce petit agent est aussi en total contrôle de tous les différents éléments de votre maison, comme la clim,
la TV… bref pour voir cet "agent" vous avez un écran tactile sur votre table. Attention ici rien avoir avec un écran tactile de PDA, ce dernier est solide et vous pouvez très bien poser quelque chose dessus, et avec votre doigt vous pouvez communiquer avec votre "agent" et ses différents composants. Regardez
la Vidéo vous allez tout de suite très vite comprendre !

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Imaginons nous en 2016

Compte tenu des limitations fonctionnelles de ce moteur de blog, vous pouvez retrouver l'intégralité de cet article avec la video de démonstration de ces produits à cette adresse :

ICI

16 mai, 2006 Publié par edgeminded | Convergence, Uncategorized | | Pas de commentaire

La télévision reste le premier média d’informations

L’étude qui porte sur 10 pays démontre que 56% des adultes interrogés considèrent leur télévision nationale comme principale source d’information et que 82% lui font confiance.

Cette étude commanditée par Reuter,
la BBC et le Media Center anglais porte sur 10230 personnes.

Les quotidiens nationaux et régionaux viennent en seconde position avec 21% d’audience (75% de taux de confiance), suivis, à égalité, par Internet et  la radio à 9% d’audience. Pour cette dernière le taux de confiance s’élève à 67%.

Cette étude va certainement ravir les responsables de chaîne qui voient toute l’agitation autour d’Internet entre les grands portails et les networks aux Etats-Unis.

L’émergence des blogs comme source d’informations est néanmoins une nouveauté d’autant que la crédibilité apportée à ce nouveau vecteur semble peu remise en cause. Un quart des personnes interrogées utilisent régulièrement les blogs pour s’informer et seulement 23% ne les utilisent jamais.

Il faut reconnaître que les blogs occupent un espace laissé vacant par la presse qui n’est plus aussi partisane qu’à ses débuts. Le politiquement correct dans les médias a rendu uniformes les journaux et les blogs occupent aujourd’hui un espace de communication plus engagé.

La bataille n’est pas pour autant gagnée car Internet progresse notamment chez les jeunes où il est le premier média d’information avec 19% de PDM pour les 18-24 ans contre seulement 3% pour les 55-64 ans.

Cela laisse donc du temps aux chaînes nationales qui ont une grande crédibilité auprès de leurs téléspectateurs pour se développer sur Internet avec leurs marques et la confiance des consommateurs.

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source Reuters UK

3 mai, 2006 Publié par edgeminded | Convergence, Uncategorized | | Pas de commentaire

Canal + remporte enfin TPS, est-ce bien une bonne opération et pour qui ? Quelle recomposition des acteurs ?

Patrick Le Lay doit l’avoir mauvaise d’être obliger de négocier la vente de TPS dans une position de faiblesse. C’est le succès d’une stratégie d’investissement sur les contenus face à celle, moins ambitieuse, de tentative d’assèchement des finances de son ennemie. Il faut dire que lorsque Canal + avait remporté les droits de football pour plus de 600 M€ d’euros par an, les pronostiques étaient ouverts sur le réel vainqueur de cette opération. Pour ma part, je préférais l’option d’investissement de Canal qui était une réelle stratégie de développement. Entre temps, TF1 a acheté ou lancé de nouvelle chaînes : LCI, Eurosport TV Breizh, TMC, Histoire ; et se trouve à la tête de cinq des dix chaînes les plus regardées sur le câble et le satellite. Etait-ce pour tenter de contrer Canal ou pour valoriser TPS en cas de négociation ? Dans les deux cas c’était bien jouer. Et pour Canal ?

Si Canal avait laissé le marché en l’état, TF1 et M6 auraient été immanquablement obligés de jeter l’éponge à un moment ou un autre car le nombre d’abonnés aurait décru absorbé par Canal Sat et par les offres sur ADSL. Ces dernières pouvant diffuser l’offre de TPS mais à terme le bouquet aurait perdu le contact avec ses « abonnés » et serait devenu totalement dépendant de « ses » diffuseurs ADSL. Quel revers !  Après tout, pour Canal ce pouvait être plaisant alors pourquoi prendre le contrôle de son concurrent ?  Certainement pour mieux contrôler les offres et être en meilleure position vis-à-vis des fournisseurs de contenus et des diffuseurs ADSL. En effet, pour le moment tout ce petit monde marche main dans la main mais à terme les FAI auront intérêt à définir leur propre offre de chaîne. Car si tout les FAI diffusent canal Sat et TPS, pour eux l’avantage concurrentiel disparaît. Il faudra donc se différencier de nouveau et agréger son propre contenu. Dans cette stratégie Vivendi a intérêt à prendre de l’avance. Avec une offre de chaînes complètes sur deux packages différents, une offre VOD (annoncé avec Free) qui sera certainement proposée à d’autres FAI en 2006, Canal devient un partenaire incontournable jusqu’à ce que les réseaux hauts débits soient totalement déployés et que les FAI retrouvent des capacités d’investissement dans les contenus. Cela laisse bien deux ou trois ans à Canal +

Il semble que le modèle retenu soit une prise de participation de TF1 et de M6 dans le groupe Canal + en regard de la valorisation de TPS. Je ne vois par très bien l’intérêt de pour TF1 et M6 de posséder respectivement 10 et 5 % de Canal mais les stratèges sont parfois impénétrables…Par contre il est essentiel à mon avis que Lagardère échange ses 34% de capital de Canal Sat dans Canal + même si cela doit lui couter 1 milliard d’euro en cash afin de préserver ses activités de production et d’édition audiovisuelles en garantissant les canaux de distribution.

 Parallèlement la vidéo à la demande …  Canal + et Free viennent d’annoncer cette offre. Pour le moment, on peut dire que Free fait vraiment un sans faute dans sa stratégie. (Rappelons que l’organe de normalisation IEEE a validé le standard 802.16e, variante “mobile” de la technologie Wimax et que Free pourrait offrir de la téléphonie mobile avec la seule licence nationale en France). Il faut se dépêcher car Tele 2 vient de sortir son offre quadruple play intégrant le mobile grâce à son accord MVNO avec Orange. A terme je pense que la stratégie de Free est la meilleure car si le WiMax offre le potentiel du mobile sur IP, cela permettra d’offrir de l’accès moyen/haut débit avec le même réseau et ce, pour beaucoup moins cher que la mise à niveau d’un réseau 3G et avec des débits plus importants. Pour les acteurs traditionnels, la technologie IMS permettra de basculer en téléphonie IP à proximité d’un spot WIFI. Le problème c’est qu’à force d’ajouter des couches logicielles et matérielles, les coûts augmentent. De nouveau bravo Niel ! On verra si je ne me trompe pas en fin d’année prochaine.  Quid de Neuf Cegetel ?  C’est quand même paradoxal que Canal annonce un accord avec Free et que Neuf Cegetel, dans le même groupe, ne réagisse pas ! Ils ont tout dans le groupe Vivendi pour offrir du quadruple play et rien ?  Le premier trimestre 2006 devrait voir arriver de belles offres de tous les acteurs FAI qui attendent en fait qu’un terminal « standard » soit disponible (Microsoft finalise son offre, que l’on devrait voir sur Club Internet, mais Cisco et d’autres sont sur les rangs. Une nouvelle bagarre en perspective). Il faudra surveiller ce point car ce qui fait la force de Free sera également sa faiblesse lorsque l’offre standard de « box » se sera développée et qu’un terminal propriétaire ne sera plus un avantage compétitif. Je ne vois pas cela avant 2007 de toute manière car les set top box devront intégrer la HD ce que prévoit Free l’année prochaine (encore un an de gagné).  Le cap suivant des set top box sera vraiment l’intégration du mobile sur IP et le choix du terminal domestique (et mobile ?) interopérable de manière transparente.  Stratégie chez vivendi ?  Au final tous ces mouvements relèvent-il d’une stratégie plus globale ?  Cette annonce renforce le leadership de Canal + comme on l’a décrit plus haut mais permettra à Neuf Cegetel de revenir avec un réel avantage concurrentiel sur mesure (ex : des chaînes au choix au lieu de packages tout fait…).  Avec une stratégie intégrée, (celle de Messier ?), Vivendi sera à la tête d’une entité audiovisuelle, experte en négociation de droits, en production, d’un réseau de diffusion ADSL, d’un réseau mobile, et d’une offre de stock et de flux audiovisuels complets. Bravo !A au fait,  il manque quand même le Wi max (il est dérangeant ce Niel). Ca tombe bien en 2010 la concentration des acteurs (voir mon autre article) devrait l’amener à négocier une fusion ?

Et après les bouquets ?

La notion de bouquets de contenus est liée aux technologies de diffusion des FAI. Les chaînes de flux ou les possesseurs de programmes de stock doivent s’entendre avec le Fai pour s’intégrer dans son interface et garantir leur diffusion. Dans ce modèle, le diffuseur/FAI est donc incontournable.

L’évolution des technologies de « streaming » et surtout l’arrivée du très haut débit (+ de 100 Mb/s) permettra de la diffusion directe vers le consommateur (voir ce qui se fait, aujourd’hui, avec une interface de navigation sur un PC avec Media Player ou Real Media). Les chaînes gratuites pourront trouver là un second souffle même si la multiplicité des offres amènera naturellement une érosion des parts de marché des leaders actuels que sont TF1 et M6.

Pour les chaînes payantes, par contre, les fournisseurs d’accès risquent d’être un point obligé dans une démarche de « one stop shopping » où le FAI sera chargé de facturer l’abonnement.

Il faudra également tenir compte des intermédiaires d’accès aux contenus. Je fais référence ici directement à Google qui a développé un moteur d’indexation aux contenu audiovisuel qui permet la reconnaissance de formes dans de la vidéo, couplé à la reconnaissance de la piste audio pour indexation automatique des unités d’œuvres audiovisuelles. Ce type de technologies, associées à des logiciels de flux personnalisé permettront aux utilisateurs de se configurer leurs propres chaîne de flux en fonction de leurs besoins.

Il s’agit là d’une formidable transformation  des modes de fonctionnements et des modèles économiques de la chaîne de valeur des médias et de l’audiovisuel en particulier.

2 février, 2006 Publié par edgeminded | Convergence | | Pas de commentaire

Interview de Marie-Christine Levet, PDG de T-Online France/Club-Internet sur Elenbi

Dans cet article http://www.elenbi.com/telecom_et_si/archives/2005/10/le_reseau_telec.php Marie-Christine Levet fait référence à une offre quadruple play.

Dans un premier temps, le challenge de club internet va être de rattrapé son retard par rapport à FT, Free et Cegetel-Neuf Telecom. L’investissement de 500 millions d’euros en infrastructure est un point déterminant dans la volonté de Deutsche Telecom de conserver une PDM en France à un bon niveau. Comme je l’ai déjà indiqué dans ma réponse à l’article sur la télévision ADSL et les FAI, les opérateurs historiques disposent d’un avantage dans la capacité de couverture d’accès multi pays. C’est un point capital pour l’offre quadruple play. Marie-Christine Levet met également l’accent sur un point clé de l’offre quadri play : la rentabilité de l’agrégation de ces services. En effet aujourd’hui personne n’a, économiquement, intérêt à intégrer une offre mobile dans une offre tri play. Ce serait dégrader les marges et ce ne permettrait pas de conquérir de nouveau clients. Il faut attendre un changement de modèle économique qui peut passer une rupture technologique (wimax ? et mobile sur IP) ou par une offre d’intermédiation (paiement à l’aide du mobile ?) et surtout des nouveaux terminaux supportant l’UMA (Unlicenced Mobile Access) qui sera peut être une killer aps dans ce domaine.

C’est la course à l’armement avec NC numericable et Noos qui annoncent un accès de 100Mbits triple play

2 février, 2006 Publié par edgeminded | Convergence | | Pas de commentaire

extrait du rapport réseaux hauts débits de 2000

profite de cette occasion pour vous poster un extrait du rapport “Bourdier” auquel j’ai participé en 2000 et qui traite de ce point de convergence. Etant l’auteur de ce paragraphe je peux vous renvoyer au reste du rapport ppour les aspects technique.6.4. Des concentrations qui appellent une vigilance particulière

6.4.1. Le champ de la convergence et la grande variété d’acteurs

Le développement des technologies de diffusion électronique et temps réel de l’information rend caduques les barrières verticales établies entre les acteurs médias, constructeurs et développeurs de technologies informatiques et réseaux et opérateurs de télécommunications :

Entre chaque type de média les frontières étaient bien établies avec les éléments suivants  :

.Par type de contenus :

  • Texte et image (qualité moyenne) : journaux,
  • Texte et image de bonne qualité couleur : magazines,
  • Son : radio,
  • Video : télévision ;Par délai de diffusion :

  • Journaux : 1 jour,
  • Magazine : 1 semaine à 1 mois,
  • Radio : temps réel,
  • Télévision : temps réel ;Par coûts de production :Cette segmentation disparaît car les technologies de on-line et Internet en particulier mélangent ces éléments :
  • Mélange des contenus : texte, image, son et vidéo,
  • Mélange des contenus de stock et de flux.L’autre aspect qui pourrait déstabiliser les acteurs des médias est la non-limitation des canaux de diffusion de l’information.Les médias traditionnels sont encadrés dans une logique de limitation de leurs concurrents directs du fait des coûts de production (journaux, radio, télévision) de la régulation et des technologies hertziennes (fréquences limitées pour la radio et la télévision).
    Les nouvelles technologies et les réseaux rendent la compétition moins difficile, excepté pour les magazines, et les médias traditionnels ne sont pas tous préparés à une concurrence plus globale : sur Internet, le nombre de sites accessibles est potentiellement illimité.

    Entre les fournisseurs de technologies et les opérateurs, les frontières étaient parfaitement définies : les seconds étaient les clients des premiers .

    La convergence a commencé lorsque des sociétés comme Microsoft ont investi dans des câblo-opérateurs ou des entreprises de télécommunications par satellite. Les opérateurs ont répliqué en devenant, grâce à Internet, fournisseurs de contenus et de services.

    Dans l’intervalle, le risque est de voir se constituer de formidables acteurs verticaux intégrant la production de contenus et de services, tous les processus de diffusion en ligne jusqu’aux consommateurs finals.

    Nous pourrions ainsi voir apparaître des acteurs proposant un abonnement unique pour l’eau, le téléphone fixe et mobile (voix), la transmission de données (accès Internet), la fourniture de contenus (télévision, radio), la fourniture de services (de réservation : voyages, cinéma, etc. ; d’assistance : GPS, aide à la navigation, assurance, etc.)…

    La fourniture de ce « bouquet de services » offrirait à cet opérateur un lien privilégié vers une base de consommateurs rendus « captifs » par le coût (financier ou logistique) de changement d’opérateur. On peut déjà observer le frein au changement d’opérateur de mobile lié à l’obligation de changer de numéro. La possibilité de conserver son numéro est un exemple de mesure simple qui devrait rendre plus libre le choix des consommateurs

  • 2 février, 2006 Publié par edgeminded | Convergence | | Pas de commentaire

    convergence des bouquets de services

    En réponse à l’article de elenbi.com intitulé “Télévision ADSL, les opérateurs ramasseront-ils la mise ? Pas si sûr”   http://www.elenbi.com/medias/archives/2005/10/television_adsl.php 

    j’ai répondu sur le site et vous livre sur ce blog le texte de la réponse.

    Votre réflexion sur les créateurs de valeurs avec des contenus audiovisuels est bien au cœur des stratégies des opérateurs. Il semble assez curieux d’ailleurs que la prise de conscience soit si tardive pour certain alors qu’il suffisait de faire un peu de prospective ou de lire le rapport « réseaux hauts débits » du ministère de l’industrie en 2000 pour avoir un idée de la convergence des services. Pour ma part, je n’ai pas changé d’avis depuis 2000 où dans ce rapport j’établissais les bases de la convergence des bouquets de contenus en bouquets de services en avertissant sur les risques de situations monopolistiques. Je pense toujours que les opérateurs de services seront les grands gagnants de cette partie. J’utilise sciemment le terme partie car il y a souvent une revanche. Il me semble donc que les opérateurs, aujourd’hui appelé « fournisseurs d’accès Internet » seront les distributeurs de ces services. Ils ont déjà agrégés trois offres : accès Internet, téléphonie sur IP et flux audiovisuels. Il reste l’abonnement mobile (voix et données) et stock audiovisuels (VOD) à ajouter. Pour réaliser cela il existe plusieurs voies. La plus évidente mais pas forcément la meilleur à terme est de devenir MVNO pour ceux qui n’ont pas de réseau dans leur groupe et de passer des accords avec de producteurs/fournisseurs de contenus. Pour ce dernier point c’est un peu compliqué pour un acteur isolé géographiquement ou faible en audience car les grands studio veulent du rendement et facturent les droits très cher. Il y a donc plusieurs stratégies possibles : a) une couverture géographique sur plusieurs pays majeurs (ce que visent la plupart des grands opérateurs historiques), b) une stratégie de convergence verticale en fusionnant (cegetel-neuf telecom par exemple) et c) une stratégie innovante, ce qu’a choisi free en rachetant la licence wimax d’Altitude. Il est aussi difficile de prédire qui peut l’emporter mais la stratégie de Free me semble très astucieuse. Free a réussi à avoir la seule licence nationale de wimax et pourrait au delà de la fourniture d’accès mobile, fournir d’ici 2 à 3 ans l’accès en téléphonie mobile sur IP. Cela permettrait de contourner de nouveau les infrastructures des acteurs existants ce qui a bien réussi à Free sur l’accès Internet. Nous avons donc à court terme plusieurs acteurs qui pourront fournir à leurs clients (accès Internet « everywhere », téléphonie IP « everywhere » et flux video. Si on étend ce raisonnement, la possibilité de « mobilité » d’accès entraine assez vite un besoin géographique étendu. C’est sur ce point que butera Free d’ici 3 à 5 ans et dans lequel réside une de ses faiblesses. L’autre besoin sera d’avoir une taille critique suffisante en terme de capacité de distribution pour négocier en direct avec le fournisseurs de contenu et non plus avec les assembleurs que sont les chaines ou les bouquets de chaines. Là également le nombre de pays dans lequel l’opérateur sera présent sera déterminant. Le dernier facteur clé de succès sera la « crédibilité » de l’opérateur. On oubli bien souvent en Europe du sud que le mobile est utilisé en Europe du nord comme un terminal de paiement. Il y a fort à parier que cette offre arrive chez nous rapidement car c’est une voie de développement de valeur rapide. Si vous êtes l’intermédiaire de paiement en plus de fournir l’accès aux contenus et les moyens de transport, vous devenez incontournable. Vous avez recréé un modèle de distribution de produits et services dématérialisés qui fait le bonheur de nos grands distributeurs pour les produits physiques. Comme on peut le voir les évolutions des périmètres des acteurs ne sont pas terminées.

    2 février, 2006 Publié par edgeminded | Convergence, Uncategorized | | Pas de commentaire