Presse quotidienne américaine en péril ?
Les chiffres de février viennent d’être publiés et ils ne sont pas bons pour la presse quotidienne aux Etats-Unis.
Les revenus publicitaires ont dramatiquement décliné dans un contexte économique pourtant favorable. Le seul point positif vient des revenus des sites Internet des quotidiens qui ont progressé. Le souci est qu’en valeur absolue on ne peut pas parler de transfert.
Il est encore un peu tôt pour dire si ces mauvais résultats sont conjoncturels ou s’ils représentent un déclin plus structurel, même si certains signaux valident le second scénario.
Pour USA Today, le plus gros quotidien américain, les revenus publicitaires ont décru de 14% en 12 mois. Pour sa maison mère, le groupe Gannett, leader de la presse quotidienne, c’est une baisse globale de 3,8%.
De son coté, le New York Time a enregistré une diminution de ses recettes de 7,4% et pour le Boston Globe la baisse est de 4%, comparée à celle de 10% du Wall Street Journal.
Pour le groupe Tribune, qui est en vente depuis plusieurs mois, cela risque de poser problème. Si plusieurs acheteurs sont intéressés, ils vont certainement étudier attentivement les comptes de deux de ses titres, le Chicago Tribune et le Los Angeles Times, qui ont enregistré des pertes supérieures à 5%.
Même les plus petits quotidiens régionaux, qui étaient protégés jusqu’ici, enregistrent des pertes. Le Tampa Tribune, le Richmond Time ou le Salem Journal ont perdu presque 6% de revenu en 1 an.
Le climat est donc assez morose et, malgré les nombreux licenciements, la plupart des titres cherchent des solutions pour abaisser encore leurs coûts en réduisant la pagination.
L’une des principales raisons de ce déclin des revenus est le glissement du marché des petites annonces vers Internet à travers des sites spécialisés comme Monster, pour le recrutement, ou des sites gratuits comme Craig List. Les journaux américains ont perdu le combat sur les petites annonces de recrutement
De nombreux analystes pensent qu’il s’agit d’un signal structurel. La jeune génération des « digital native » ne lit plus les quotidiens papiers. L’équation va être difficile à résoudre, car la plupart des quotidiens voient leurs coûts augmenter et leurs revenus décroître. Certes, l’audience des sites Internet se développe. Les revenus générés sur le Web ont augmenté de 31% à 2,7 milliards de dollars. Mais ils ne permettent pas de compenser la perte papier de 3,4% qui représente tout de même 13 milliards de dollars.
Cette fois-ci les quotidiens américains, comme beaucoup de leurs homologues européens, sont confrontés à un enjeu de survie de leurs titres. Dans un marché où Internet va continuer de croître et de prendre l’audience de titres papier, la survie de la marque passe par sa présence en ligne. La véritable question sera de savoir comment produire des contenus et services de qualité pour un public de plus en plus exigeant, avec un niveau de revenu dix fois inférieur à celui d’aujourd’hui.

Tous les journaux ont entamé leur mutation en essayant différents modèles, incluant des services de blogs ou des contenus générés par les utilisateurs. Mais, pour le moment, si cela permet d’accroître l’audience des sites web, le niveau de revenu ne permet pas d’envisager le maintient des structures de coûts existantes.
Il est donc probable que d’importants regroupements de titres s’opèrent afin de réduire drastiquement les coûts de production en transformant de nombreux titres en éditions régionales. C’est un scénario qu’il faut envisager pour les quotidiens régionaux français. Les différentes opérations de regroupement ces dernières années devraient permettre de transformer le paysage de la presse française. Pour les nationaux, cela ne sera pas aussi simple et malgré les nombreuses aides à la presse, il est à craindre des disparations pures et simples. Certains, à l’instar de titres canadiens ou américains, réussiront peut-être à continuer leur activité en arrêtant la parution papier pour se concentrer sur les marchés en ligne.
C’est néanmoins maintenant que les stratégies doivent être mises en œuvre. Il est probable que les difficultés structurelles de la presse française (Rapport Tessier : la presse face au numérique) ne facilitent pas cette mutation.
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NBC, News Corp, AOL, MSN, Yahoo, unis contre YouTube

NBC Universal et NewsCorp. viennent d’annoncer un accord avec AOL, MSN, MySpace et Yahoo pour créer un site vidéo concurrent de YouTube.
Cela faisait de nombreux mois que ces sociétés étaient en négociation et nous en avions fait l’écho en décembre dernier « Des grands médias américains pourraient lancer un concurrent de YouTube »
Les initiateurs de cet accord semblent déterminés à éviter que YouTube devienne un acteur à la hauteur de Google et mettent toutes les chances de leur côté. Ils ont déjà approché les grands annonceurs internationaux comme Cadbury Schweppes, Cisco, Esurance, Intel et General Motors.
Ce nouveau site, qui n’a pas encore été baptisé, devrait héberger des milliers d’heures de vidéos d’internautes mais surtout sera le plus grand site de vidéo à la demande en films et en programmes de télévision.
Au-delà de YouTube c’est également Joost et les initiatives de ce type qui sont visées car ce nouveau site sera un véritable outil de diffusion de contenus. Il semble donc que la prédiction que nous faisions il y a plusieurs mois sur le souhait des grands producteurs de contenus de devenir de diffuseurs directs vers les consommateurs se réalise. « Le studio Fox Atomic envisage de devenir une marque à part entière, un prélude pour devenir un diffuseur en ligne et se passer d’intermédiaires ? »
Jeff Zucker, President et CEO de NBC Universal et Peter Chernin, President et COO de News Corp. ont précisé que le site sera opérationnel dès l’été 2007 avec des centaines de films, de clips et d’émissions télé provenant de 12 réseaux de télévision et de deux studios de production.
AOL, MSN, MySpace et Yahoo vont être les premiers vecteurs de promotion de ces contenus et sont associés étroitement à ce site. Ces leaders Internet touchent près de 96% des consommateurs américains et représentent une alliance qu’il sera difficile de concurrencer. C’est évidemment le marché de la publicité en ligne et Google qui sont dans la ligne de mire de ce regroupement. Avec l’appuie de grands annonceurs, en amont du projet, NBC et News Corp ont prévu que les contenus proposés intégreront plusieurs formats permettant de concevoir de nombreux plans de communication.
Dès le départ, de nombreuses séries à succès seront disponibles comme : Heroes, 24, House, My Name Is Earl, Saturday Night Live, Friday Night Lights, The Riches, 30 Rock, The Simpsons, The Tonight Show, Prison Break, et Top Chef ainsi que des films comme Borat, Le diable s’habille en Prada, Bourne Identity avec tous les bonus présents sur les DVD.
L’étape suivante consistera à acquérir des contenus premium afin d’en faire un véritable place de marché vidéo grand public. Il reste à savoir si les autres studios accepteront de s’associer à cette aventure.
Pour le CEO d’AOL, Randy Falco, cet accord démontre l’importance d’Internet dans la stratégie de distribution des groupes de médias. On pourrait même ajouter dans leur stratégie de domination de la distribution.
Est-ce que cela aura une incidence sur la stratégie de Canal+ dont la maison mère, Vivendi, possède 20% de NBC ? Il est trop tôt pour le dire d’autant que le groupe de médias français avait annoncé son intention de sortir du capital. Avec cette annonce il pourrait être amené à réfléchir car il lui faudra choisir entre cette entente ou se rapprocher d’initiatives comme Joost ou BitTorrent.
Ces contenus seront proposés gratuitement financés par la publicité avec des fonctionnalités sophistiquées de playlist personnalisées, des mashups et des outils de recherché vidéo.
Kevin Johnson, Président de la division Platform et Services de Microsoft précise que cette initiative renforce l’offre de diffusion de contenus à forte valeur ajoutée pour les consommateurs en respectant les mécanismes de protection des droits d’auteurs. Cette position est pleinement partagée par Terry Semel, Président et CEO de Yahoo.
Pour News Corp c’est une très belle victoire dans la guerre que le groupe mène contre YouTube car MySpace va directement bénéficier de cet accord et les 65 millions d’utilisateurs du réseau social vont avoir accès à ces contenus, vont pouvoir les partager, les échanger et les commenter voire de proposer des contenus personnels associés. C’est réellement une nouvelle vie ou une 5ème voie pour la chronologie des médias. Aucune information pour le moment sur la disponibilité de ces contenus pour les utilisateurs de MySpace en dehors des Etats Unis. Quoi qu’il en soit cette annonce va donner des sueurs froides aux autres réseaux sociaux mais surtout aux grands diffuseurs.
Tous les sites rattachés à ces groupes partenaires comme iVillage ou IGN pourront bénéficier de tous les contenus. Chaque partenaire pourra habiller les contenus à sa guise et commercialiser les espaces publicitaires.
Une nouvelle entreprise va être constituée pour gérer ce site Internet et les équipes seront réparties entre New Nork et Los Angeles.
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Après Skype qui se lance dans une croisade au Etats-Unis contre les opérateurs mobiles accusés de verrouiller leurs téléphones (ici), c’est au tour de Vodaphone, premier opérateur mondial de téléphonie mobile, d’ouvrir une brèche dans le modèle économique de la facturation à la minute.
Vodaphone a présenté au salon Cebit de Hanovre un système d’appel sur téléphone portable fonctionnant par internet et basé lui aussi sur le logiciel Skype.
Pour le moment, l’opérateur anglais n’a pas encore décidé si cette application serait proposée à ses clients. C’est en effet une lourde décision à prendre car il cela ouvre la voie à la téléphonie illimitée à l’instar du modèle du fixe intégré dans les forfaits d’abonnement à Internet.

Cette initiative serait une véritable bombe dans le marché de la téléphonie mobile et entrainerait une destruction de valeur considérable chez les opérateurs.
Inévitablement, nous nous dirigeons vers ce modèle mais les opérateurs ne sont pas pressés de baisser leurs marges. Les intégrations verticales fixe-mobile-Internet ne sont pas encore toute réalisées et cela ne permet pas encore la convergence des offres.
Ten à fait un test en proposant l’accès Internet illimité mais en permettant d’utiliser cet accès pour faire de la voix sur IP. Voir notre interview du patron de Ten (ici)
En France, seul Orange pourrait proposer une offre quadruple play. Si la fusion entre Neuf Cegetel et SFR se réalise, un second acteur intégré émergera de cet ensemble. C’est d’ailleurs se qui fragilise actuellement Free et Bouygues Telecom (voir notre article : FAI : après une vente de Club Internet, une fusion SFR Neuf Cegetel est-elle possible ?). et
Le test de Vodaphone va donc être suivi avec attention par les opérateurs européens qui ont toujours clamés que les investissements nécessaires au passage à l’UMTS ne permettaient pas de proposer des offres illimitées en voix sur IP.
Au-delà de l’illimité, l’offre de Vodaphone, appelée Starfish, permet à l’utilisateur d’un téléphone mobile de visualiser une liste de contacts issus de groupes de discussions ou de logiciels de communication internet, comme MSN, Yahoo, AOL ou Skype, de leur envoyer des messages et, bien sûr, de passer des appels téléphoniques. C’est donc à la fois un changement de modèle économique mais également une offre de services supplémentaires et une meilleure intégration avec les services Internet.
Le système utilise le réseau GSM pour se connecter à une borne et la communication transite ensuite par le réseau internet en lieu et place du réseau commuté traditionnel des opérateurs, même si le destinataire se trouve à l’autre bout du monde.
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Nouvelle consolidation des FAI. Après Club Internet, une fusion SFR Neuf Cegetel est-elle possible ?
De la prospective à la réalité. La consolidation du marché français des fournisseurs d’accès à Internet est en cours. Il y a 16 mois, j’écrivais « Combiens de FAI et d’acteurs Internet restera-t-il dans 10 ans ? ». Il semblait déjà que la taille du marché national et européen, à terme, ne permettraient pas à plus de trois acteurs de survivre.
L’abandon du marché français du haut débit par Deutsche Telekom, annoncé la semaine dernière, sonne le glas de Club Internet et conforte les trois acteurs principaux : Orange, Free et Neuf Cegetel. Il est très vraisemblable que tous les autres opérateurs de triple-play disparaissent dans un vaste mouvement de consolidation. Si Club Internet est déjà en vente, Alice - filiale de Telecom Italia - suivra rapidement car il n’a pas atteint la taille critique des 2 millions d’abonnés haut débit et la rentabilité.
Le rêve d’une présence paneuropéenne des acteurs historiques de la téléphonie a vécu et Free a encore une fois eu raison de se concentrer sur un seul pays.
Club Internet sera probablement racheté par Neuf, Free ou Noos, mais dans tous les cas cela ne changera pas grand chose dans leur stratégie industrielle.
A terme, on peut s’attendre à une fusion entre Neuf Cegetel et SFR qui donnerait naissance à un acteur national présent sur tous les segments concurrents de France Telecom, fixe et mobile.
Vivendi a déjà annoncé son intention de racheter les 44% de SFR détenus par Vodafone. L’opérateur mobile britannique, qui a besoin de liquidités, pourrait être tenté de réaliser une jolie plus-value sur un actif qu’il ne pourra jamais contrôler.
Vodafone peut également proposer de convertir ses 44% de SFR en parts de capital de l’ensemble SFR-Neuf. Puisque les deux structures sont cotées en bourse, il est simple de calculer leurs prix de marché. Les discussions doivent aller bon train entre les actionnaires existants.
C’est vraisemblablement cette option qui devrait se réaliser. En effet, Vodafone cherche à étendre son offre à l’international et propose déjà de l’abonnement fixe-mobile en Grande-Bretagne en s’appuyant sur les infrastructures de BT. La période du tout mobile est révolue pour le numéro un mondial du sans-fil.

Quid des « indépendants » ?
Dans ce jeu de la consolidation du marché français des télécoms, il reste trois acteurs autonomes importants : Free et Noos sur le fixe et Bouygues Telecom sur le mobile. Ils sont tous les trois isolés et à terme se posera la question de leur rapprochement.
Je vois mal une entente entre Patrick Drahi (Noos-Numéricâble), Xavier Niel (Iliad-Free) et Martin Bouygues, mais parfois les intérêts financiers dépassent les clivages personnels. Après tout, nous sommes dans le monde des affaires, pas en politique.
Le câblo-opérateur Noos est dans une situation difficile et son management ne me semble pas en état de corriger le tir pour satisfaire les attentes de son principal actionnaire Cinven. Le fond d’investisement britannique, avec ses 70% du capital de Noos-UPC-Numéricable, devrait tenter une sortie par le bas ou par le haut. Par le bas, il tire un trait sur son investissement dans les réseaux câblés et cherche à vendre. Par le haut, il investit dans la 4ème licence de téléphonie mobile et cherche à racheter Free en proposant une énorme prime ou une fusion et une cogestion de l’ensemble.
C’est cette dernière hypothèse qui me semble probable : une fusion Noos-Free, avec l’éviction du management actuel de Noos au profit de celui de Free et l’investissement sur la 3G en commun. C’est le seul moyen pour ces deux acteurs de faire le poids dans le marché en présence. Une alliance avec un fond d’investissement serait un élément moteur important pour Free et permettrait à Xavier Niel de réaliser son rêve de créer un groupe capable de concurrencer France Telecom sur tous les segments. Ensemble, ces deux entreprises pourraient soumissionner à la 4ème licence et offrir du multiplay total. Free a déjà étudié attentivement la possibilité d’investir le mobile, sans toutefois sauter le pas pour des raisons de rentabilité.
Si cette hypothèse se réalise, la valeur potentielle de Bouygues Telecom va s’effondrer. Car un acteur mobile entouré de concurrents capables d’offrir du multi play pourrait rapidement perdre ses clients. Comme, de surcroît, cet opérateur n’a jamais favorisé le développement de MVNO sur son réseau, ce qui est à mon avis une erreur compte tenu de sa position, il sera encore plus fragile.
Il n’est cependant pas évident que les managements en présence parviennent à trouver un accord sur le pilotage de l’ensemble et comme Xavier Niel et le management sont largement majoritaires il seraient un élément déterminant dans le nouveau groupe.
Le plus serein, à court terme, est encore Free qui peut rester indépendant encore 1 ou 2 ans et laisser la pression monter pour se rapprocher du plus offrant. Néanmoins dans l’intervalle il va lui falloir trouver une solution dans la téléphonie mobile et l’hypothèse du MVNO n’est plus à exclure. « Free MVNO ? Les raisons d’un revirement ».
Une fusion avec Ten serait également intéressante pour les deux parties et dans une interview exclusive récente, Jean Louis Constanza le patron de Ten, nous avait laissé entendre qu’il pourrait participer à des consolidations mais pas avec des MVNO…. (Télévision et accès internet illimité gratuits sur mobile chez Ten)
Nous y verrons plus clair avec les résultats de l’appel d’offres sur la 4ème licence 3G. Si aucun industriel n’est intéressé, un schéma avec Bouygues Telecom peut encore se dessiner avec Noos ou Free. Si Noos obtient la licence, la partie sera relancée. C’est un joli jeu de chaises musicales, non ?
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ClearWire s’introduit en bourse, point sur le Wimax

La nouvelle société de Craig Mc Caw, Clearwire, dans laquelle Motorola et Intel ont déjà investi 900 millions de dollars s’introduit en bourse aujourd’hui sur le marché américain. La stratégie de Mc Caw est de positionner son entreprise sur la technologie Wimax comme offre alternative à la 3G.
Ce sujet fait débat chez tous les spécialistes dont certains considèrent que ce pourrait être une technologie disruptive qui viendrait télescoper les opérateurs mobiles classiques. D’autres, au contraire, considèrent que les coûts de déploiement seront les mêmes avec le Wimax et qu’il ne s’agit que d’une technologie de plus qui ne remet pas en cause la pertinence du HSDPA.

Le profil de Craig Mc Caw incite néanmoins à suivre avec attention ces débats car le milliardaire américain est l’un des pionniers de la téléphonie mobile avec Mc Caw Cellular revendue à ATT en 1993 pour 11,5 milliards de dollars.
Pour le moment Clearwire n’est pas profitable car en 2006 elle a annoncé 100 millions de dollars de revenus pour 284 millions de dollars de pertes. Les pertes cumulées représentent déjà 460 millions de dollars. A ce stade de développement c’est assez compréhensible puisqu’il faut déployer un réseau. L’investissement prévu est d’ailleurs de 4 milliards de dollars d’ici 2013.
Clearwire a donc besoin de près de 800 millions de dollars sur 2007 et son introduction en bourse devrait lui permettre de récupérer environ 500 millions. Cela reste, néanmoins, un investissement très spéculatif car si l’entreprise rate une levée de fond, elle sera rapidement en faillite et pourrait être rachetée par un autre opérateur à bon compte. Il convient également de se souvenir du consortium Télédesic autour d’un réseau de satellites de télécommunication qui a été abandonné sans qu’un seul satellite n’ait été lancé. Mc Caw avait réussi à réunir plus d’un milliard de dollars avec de prestigieux investisseurs, dont Microsoft, qui a été engloutis en pure perte. L’objectif initial était de déployer un réseau de 840 satellites (un chiffre astronomique compte tenu des capacités des lanceurs) et qui a été redimensionné à 288 suite à l’arrivée en 1998 de Motorola, Boeing et Matra Marconi. Il convient de noter que les projets concurrents comme Irridium ou GlobalStar n’ont pas eu non plus de suites.
Après cette introduction, Intel et Mc Caw détiendront encore 77% du capital de l’entreprise et l’on sait que le fondeur californien mise beaucoup sur la technologie Wimax puisqu’il envisage de l’introduire dans ses composants Centrino dès 2008. Avec le Wimax en standard dans les portables Intel, il y aura clairement un avantage face à la difficulté de trouver des matériels de connexion 3G.

L’issue de cette aventure reste néanmoins incertaine car Clearwire n’a pas encore commencé à déployer de réseau Wimax Mobile et les services proposés sont donc exclusivement de l’accès Internet nomade. Les analystes prédisent un marché limité à 4 millions d’utilisateurs d’ici 2010 ce qui est très insuffisant pour rentabiliser les investissements.
L’autre marché du Wimax concerne les clients « isolés » qui ne peuvent disposer d’un accès à des réseaux fixes hauts débits (DSL, fibre…) mais la taille restreinte de ce marché ne permettra pas non plus de rentabiliser 4 milliards de dollars. D’autant que sur les 100 millions de dollars de revenus en 2006, 30% viennent de la vente d’équipements Wimax et que cette activité a été revendue à Motorola.
Il semble, néanmoins, que d’après les analystes de Wall Street la demande soit très forte. Certains d’entre eux pronostiquent déjà un rachat de Clearwire par un opérateur mobile comme Sprint qui investi également dans le Wimax en complément de ses offres « classiques » et qui pourrait récupérer ainsi des licences et une expertise dans le déploiement d’un réseau fixe.
L’intérêt de l’introduction en bourse c’est que cela permet de donner un prix de marché à l’entreprise.
Ce type de réflexions pourrait donner des idées en France où les rumeurs autour de Free vont bon train.
Derrière ces stratégies financières se profile également une guerre industrielle entre les leaders de la téléphonie mobile « classique » autour de la 3G comme Nokia et Alcatel et de l’autre des outsiders comme Motorola ou Intel qui aimeraient bien profiter du Wimax pour reprendre les premières places.
C’est également une guerre économique entre l’Europe et les Etats-Unis car le GSM et ses évolutions 3 et 4G sont des technologies européennes alors que le Wimax vient plutôt des USA. Comme l’issue de cette bataille est incertaine, la plupart des constructeurs à l’instar d’Alcatel, investissent dans la fabrication d’équipements autour des deux normes.

Ce sera également en France un vrai sujet de compétition entre les titulaires de licences 3G (Orange, SFR et Bouygues) et les titulaires de licences Wimax.
Sur ce point le lobbying des opérateurs mobiles « classiques » a joué à plein car lors de l’attribution des ces licences Wimax, il a été décidé de morceler le territoire français en de nombreuses zones afin d’éviter qu’un opérateur puisse proposer une offre sur tout le territoire. Seul Free qui a racheté Altitude Telecom dispose d’une licence nationale. Néanmoins ces licences ont été attribuées pour un usage nomade qui interdit le handover, c’est-à-dire le saut automatique entre les cellules du réseau.

En clair cela signifie qu’il sera impossible de téléphoner sans coupure. Ce n’est pas un problème technique mais bel et bien une limitation juridique qui favorise les opérateurs classiques et pourrait redonner de l’appétence à la 4ème licence mobile.
Pour ma part, dans les conditions actuelles d’attribution, je ne crois pas qu’il y aura des candidats. Même si Noos et Free ont déclaré être intéressés, je doute que Noos en ait les moyens et que Free soit intéressé par autre chose que l’extension de sa licence Wimax en mobile.
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Lorsque l’on parle de voix sur IP aux opérateurs de téléphonie mobile, on évoque un véritable cauchemar. Comment accepter de changer de modèle de facturation basé sur le paiement à l’acte (la minute) pour un mode forfaitaire illimité ?
Tout le monde jure que c’est impossible. Alors pourquoi cela fonctionne-t-il pour le fixe ?
Skype pourrait bien changer ce modèle, en tous les cas aux Etats-Unis. La filiale d’eBay vient en effet de s’appuyer sur une loi américaine de 1968 et de demander à l’autorité de régulation des télécoms américaine, la FCC, d’obliger les opérateurs à ouvrir leurs réseaux à des applications tierces. Il faut préciser qu’aux Etats-Unis la majorité des téléphones cellulaires sont commercialisés avec les abonnements des opérateurs et bloqués à toute autre application. Le logiciel Skype ne peut donc fonctionner dans ces conditions.

Avec les réseaux 3G, et les mobiles de dernière génération qui se connectent en mode IP à Internet, rien n’interdit techniquement d’utiliser le protocole Internet IP pour transmettre la voix. Rien techniquement, mais tous les opérateurs l’interdisent et bloquent cette fonctionnalité.
Dans certain cas, cela peut devenir absurde comme l’offre de Ten (ici), en France, qui propose de l’accès Internet illimité (donc des transferts de données importants) mais est obligé de rester en mode minute pour la voix car ce MVNO s’appuie sur le réseau d’Orange qui interdit la VOIP sur ses infrastructures.
Il est vraisemblable que Skype n’obtienne pas gain de cause, mais c’est une réflexion que tous les consommateurs doivent avoir au regard des énormes bénéfices réalisés par les opérateurs mobiles, ne serait-ce que sur les SMS.
Certains représentants des opérateurs mobiles argumentent que la mise à niveau des réseaux en 3G puis 3G+ nécessite de gros investissements. C’est vrai mais ils sont déjà amortis, car ils ont permis de multiplier le nombre de téléphones connectés sur une même cellule et ont absorbé l’augmentation du nombre d’abonnés. Donc, à part le remise en cause d’une rente de situation, rien ne s’oppose réellement à de la voix sur IP sur mobile.

C’est le sens de l’évolution et probablement que dans 10 ans on n’en parlera plus. Il suffit de se rappeler les discussions autour de la téléphonie « gratuite » en fixe…
Pour le moment les opérateurs vont tout faire pour l’empêcher car il y a un autre marché à coté, celui de la télévision sur mobile et autres téléchargements de contenus payants. En effet, si les opérateurs ouvrent leur réseau, comme le font les FAI, à des applications et services tiers, les consommateurs pourront accéder simplement aux sites Internet des fournisseurs de contenus sans que rien ne revienne aux opérateurs mobiles. Perdue la manne des téléchargements de musiques, de sonneries, d’abonnement à la TV en 3G….
C’est pourtant ce à quoi il faut que les opérateurs se préparent car avec le développement de bornes WiFi dans les villes et de relais Wimax, les consommateurs équipés de téléphones hybrides vont pouvoir se passer largement des opérateurs mobiles.
Reste que cela modifierait considérablement le niveau de rentabilité des opérateurs et que politiquement ce sujet est hors de propos au moment où le gouvernement s’apprête à ouvrir un appel d’offres pour une quatrième licence mobile 3G. Il n’est pas certain qu’avec un tel risque, parfaitement connu des professionnels, les candidats soient nombreux.
Même si Noos et Free ont déclaré être intéressés, le premier doit retrouver de la rentabilité et le second demande des aménagements que lui refuse le Ministre de l’Industrie. Pour l’instant… car si personne ne soumissionne, il est fort probable que les positions « intransigeantes », fortement soutenues par les trois opérateurs existants, puissent évoluer.
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Rapport Tessier : la presse face au numérique

Les rédacteurs de ce rapports, Marc Tessier et Maxime Baffert, ont analysé la situation de la presse face au numérique et aux indicateurs de baisse des audiences et des recettes ces dernières années.
Le rapport met en avant la baisse régulière de la diffusion et de l’audience, la stagnation des revenus publicitaires, le recul du nombre de points de vente et l’accélération de la concentration. Ainsi, d’après l’OJD, la diffusion totale payée de la presse grand public a reculé de 6 % entre 2000 et 2005. Pour la presse magazine seule, la baisse sur la même période est de 5 % et affecte la presse d’information générale, la presse féminine, la presse du voyage et des sports…
L’arrivée d’Internet a accéléré la baisse croissante de la presse depuis 1970 et mis en lumière les faiblesses structurelles de ce secteur : faible rentabilité, lourdeurs et difficultés de faire évoluer les entreprises de presse et leur modèle de distribution, coûts de production élevés par rapport à leurs homologues européens… La rentabilité s’explique par la faiblesse des tirages et des coûts fixes incompressibles. Les contraintes sociales et les coûts élevés d’impression alourdissent le tableau. Comparativement, le coût moyen par employé est de 53000 € en France contre 38 000€ en Allemagne alors que déjà ce pays est connu pour avoir des coûts salariaux plus élevé qu’en France. L’arrivée de quotidiens gratuits qui se sont hissés dans le top 5 de la diffusion pourrait laisser penser que le prix des journaux est trop élevé et que le système de distribution doit évoluer.
Le temps consacré à la lecture de supports papiers se réduit alors que celui passé sur Internet augmente et parallèlement il y a une fragmentation des audiences.
Une étude européenne met en lumière que près de 10% du temps consacré aux médias revient à Internet. Les supports papiers dont le modèle, comme les autres médias, est basé sur la rareté des canaux de diffusion de l’information, souffre de la multiplicité des moyens d’accès à l’information.
Cela est particulièrement vrai pour l’actualité sur le net qui ne souffre pas de contrainte de bouclage, de mise en page et de délais de production. Internet devient donc le média prédominant devant la presse.
Ce phénomène touche particulièrement les supports tournés vers le service comme les guides ou les annuaires. A titre d’exemple le rapport cite les audiences de Pariscope et de l’Officiel des Spectacles dont les diffusions payées ont chuté respectivement de 16 et 36%. Cela touche évidemment les petites annonces qui sont une ligne de revenus très importante pour la presse.
Les organes de presse écrite ont donc rapidement proposé des extensions de leurs journaux sur le net mais sans réussir à trouver un modèle économique satisfaisant.
Internet amène de nouveaux usages.
L’arrivée des blogs et autres sites de contenus générés par les utilisateurs modifie profondément le rôle de la presse. « Cela enlève à la presse et aux rédactions un des éléments fondamentaux de leur rôle : la capacité à organiser et à hiérarchiser l’information transmise aux lecteurs. Déjà, avec les moteurs de recherche, il était possible, de contourner l’architecture voulue par les concepteurs des sites et d’aller directement sur la page Web souhaitée. Le Web 2.0 va encore plus loin, puisque l’internaute, loin d’être obligé de suivre l’ordre et les choix éditoriaux d’une rédaction, peut choisir les informations qu’il veut consulter en fonction de ses propres préférences ».
Internet fragilise le modèle économique sur lequel la presse est bâtie.
Internet entraîne un bouleversement des modèles économiques et d’organisation des éditeurs de presse. Bien que ce ne soit pas l’objet du rapport, les rédacteurs souligne que cela touche tous les médias TV, radios…mais que la presse papier est plus touchée. Si la presse quotidienne nationales a été la première a subir la concurrence d’Internet, c’est au tour de la presse magazine.
Si la plupart des groupes de presse ont développé des offres Internet celles-ci ont été souvent vues comme des extensions de leurs activités de base ce que le rapport appelle sites compagnons. Cette approche n’a pas vraiment permis de dégager des revenus suffisants pour compenser la perte sur l’activité de base.
Les revenus publicitaires se redistribuent sur Internet parallèlement à la baisse des audiences. Les perspectives de la presse écrite sont donc assez sombres bien que les rédacteurs du rapport ne prédisent pas la disparation du papier, impossible à annoncer dans le contexte, ils préconisent des investissements industriels massifs pour se positionner sur Internet.
Cela doit se faire très rapidement car les rapporteurs mettent en lumière le niveau de publicité élevé par rapport à la part de consommation des médias. Un rééquilibrage dans les budgets publicitaires accentuerait encore la fragilité des éditeurs.
Le principal problème est clairement évoqué : la gratuité des contenus sur Internet et la position d’infomédiaire que s’arrogent les Google Yahoo et autre MSN. En clair rien de bien nouveau par rapport à ce que nous disons sur YouVox Tech depuis des mois et que personnellement j’ai écris dans des rapports à la presse quotidienne régionale en 2000.
La presse doit donc investir sur le numérique mais avec quel modèle ?
Les différents professionnels audités dans ce rapport perçoivent clairement la menace et le besoin de constituer des rédactions multimédias. J’avais proposé de le faire chez Hachette Presse en 1993… Bon sûrement un peu tôt.
Il s’agit d’un véritable enjeu pour des professionnels habitué à écrire pour un journal ou un magazine. La notion de multi supports et de données composites n’est pas naturelle dans la conception d’un contenu qualitatif.
Si la presse quotidienne est très présente sur Internet avec la reprise de contenus produits, et amortis, pour le papier, la presse magazine est peu représentée en dehors de d’une présence symbolique visant à inciter le lecteur à l’achat du support papier. Certains éditeurs proposent néanmoins des extensions pures Internet sur leurs sites conçues par des rédactions web.
La part de données composites augmentant l’atout de la connaissance de l’écrit ne sont plus suffisants pour faire la différence avec d’autres entreprises de communication. L’extension vers les blogs et les contenus générés par les utilisateurs devient indispensable afin d’amener une véritable interaction avec les lecteurs.
Les sites de presse sur Internet bénéficient néanmoins d’un attrait considérable validé par les taux de fréquentation très élevé : 50% des taux de consultation sur l’information. Si les clients sont présents il reste néanmoins à monétiser cette présence en regard des coûts de production.
Cela milite pour des économies d’échelles et la concentration des acteurs. Seuls les gros éditeurs et les sites à très fortes consultations pourront amortir les coûts de fabrication. Cela sera rendu encore plus difficile par l’exigence des consommateurs envers des fonctionnalités de web 2.0 où les seuls contenus ne suffiront plus. J’avais au cours d’une réunion avec la presse quotidienne régionale, en 1999, annoncé que le contenu devait être au service du service. Nous y sommes. Cela va affaiblir la synergie éditoriale entre le papier et le net et amoindrir l’avantage concurrentiel de la presse.
Tout n’est pas perdu pour autant comme le démontre les chiffres du journal norvégien Schibsted qui réalise aujourd’hui 49% de son chiffre d’affaire sur Internet. L’exercice est particulièrement difficile au regard de la destruction de valeur sur Internet. Outre la gratuité des contenus, le niveau de rémunération de la publicité est inférieur dans un rapport de 5 à 10. Il faut soit apprendre à vivre avec moins, soit être l’un des sites leaders qui truste le gros des budgets.
Cette situation pousse à s’interroger sur la viabilité de la presse sur Internet et sa capacité à monétiser à hauteur de ses coûts de production. Certains ont essayé des modèles mixtes (parties gratuites et d’autres payantes) mais cela ne convient pas à tous les types de contenus. D’autres, comme le Parisien, ont adopté une formule payante qui s’est traduite par un effondrement de leurs trafics.
En effet la plupart des informations et des services sont maintenant disponibles gratuitement sur de nombreux sites de pures players. Seuls des éditeurs de contenus à haute valeur ajoutée comme dans la finance réussissent à fonctionner sur un modèle payant. Ce sont d’ailleurs souvent les entreprises qui payent l’abonnement.
Dans le domaine du grand public, le retard pris par la presse devient préoccupant d’autant que des acteurs purs Internet ont acquis des positions difficiles à déloger (Aufeminin.com par exemple) sans avoir les contraintes sociales de la presse…
Il faut ensuite craindre le développement de contenus sur des sites de services où l’information deviendrait un produit d’appel, que ce soit des sites marchands ou des collectivités locales. Ce phénomène est également particulièrement dangereux car ce qui est le cœur de métiers d’entreprises de communication deviendrait une commodité pour d’autres acteurs. Même si le niveau de qualité ne pourra certainement pas rivaliser avec de vrais professionnels de l’information le trafic détourné pourrait aggraver la situation financière des acteurs de presse.
Les sites des magazines semblent avoir davantage à craindre des pure players qui se positionnent sur des thématiques proches des leurs.
Le pluralisme de médias.
Les règles juridiques établies après la guerre deviennent caduques car la fin de la limitation des canaux de diffusion avec Internet entraine de fait l’accès à une pluralité des contenus et la presse n’est plus la seule « garante » de cette diversité des opinions. Le véritable sujet devient plutôt la véracité et l’accès différentié aux informations en ligne.
Le papier électronique.
Comme si les éléments précédents ne suffisaient pas à fragiliser la presse, l’avènement programmé du e-paper pourrait menacer l’aval des entreprise en presse en réduisant le nombre d’exemplaires tout en les obligeant à maintenir un outil industriel pour les lecteurs papier restants. Dans un second temps la restructuration nécessaire des groupes de presse pénalisera encore plus leurs fonds propres…
Parallèlement il existe également un risque que des gros acteurs Internet soient tentés, comme aux Etats Unis , de publier une extension papier à leurs contenus en ligne. En 2000 j’avais proposé que le journal papier soit ce qu’est l’imprimante au PC mais cela n’avait enthousiasmé les foules….
Le risque est grand que l’écrit échappe aux entreprises de presse.
Les propositions du rapport.
Les investissements permanents sur le net imposent aux groupes de presse de retrouver une forte rentabilité. Le rapport préconise des incitations fiscales à l’investissement dans la presse.
« Il faut accroître les synergies d’entreprises pluri-médias, favoriser la pluri compétence (ou polyvalence), notamment dans le domaine de l’information, protéger l’édition écrite du parasitage et du « copillage », faciliter l’émergence de sites d’information s’inspirant des règles et de la culture qu’un siècle de presse a permis de mettre en valeur. »
Une autre piste étudiée concerne les droits d’auteurs qui pénalisent la mise en place de contenus multi supports. Le rapport préconise une période courte pendant laquelle les organismes de presse disposeraient des droits sur tous les supports puis ensuite des droits assimilés à de la consultation d’archives rémunérés différemment.
Le problème de la distribution est également soulevé avec la proposition d’accroître significativement le nombre de points de vente.
Depuis 2002 la presse quotidienne enregistre des pertes annuelles cumulées entre 56 et 175 millions d’euros. Ceci malgré les importantes aides publiques de 164 millions d’euros en aides directes auxquelles s’ajoutent les 161 millions d’aides à la distribution. Le rapport Tessier ne préconise pas d’extension de ces aides. La préconisation est plutôt de renforcer les fonds propres des éditeurs de presse à travers des mécanismes de donations, de fondations soutenues par des particuliers ou de la constitution d’un fonds dédié à l’investissement dans les entreprises de presse
Une TVA réduite ?
Les rédacteurs préconisent la mise en place d’une TVA réduite afin de rendre plus attractives les offres payantes sur Internet en partant du principe que seuls les gros sites pourront vivre de la publicité en conservant des contenus de qualité. Des formules payantes permettraient aux sites plus modestes d’équilibrer leurs comptes.
Il faut encore régler la négociation avec l’Europe et prendre garde aux délocalisations des serveurs dans des pays à fiscalité réduite.
Un statut pour les journalistes citoyens ?
L’émergence de contributions de plus en plus nombreuses des Internautes dans les sites d’information pose la question de la rémunération éventuelle. Le rapport préconise un statut particulier afin de permettre à la presse de conserver son avantage concurrentiel.
Vers un label pour les sites d’information ?
Il semble que sur ce point les avis divergent largement entre les différents acteurs audités dans le cadre de ce rapport. Certains souhaiteraient un statut réservé aux entreprises de presse alors que l’on trouve des contenus de qualités également chez des pures players. La recommandation serait donc plutôt un label visant à faire respecter des notions comme le caractère général du contenu, la continuité de l’information et l’actualisation régulière des sites en lien avec l’actualité, l’existence d’une rédaction indépendante composée de journalistes professionnels, la transparence sur l’origine des informations, le principe d’un contrôle éditorial ou encore l’existence d’un médiateur.
Notre conclusion
Le rapport est intelligemment conçu car il mixe des pistes sectorielles avec des recommandations générales. Nous avons donc un mélange de constatations qui dérangent avec des mesures qui recommandent de suivre des pistes sans prendre parti. Si on peut reconnaitre aux rapporteurs des talents de diplomates prudents dans un environnement explosif cela ne prend pas en compte l’hypothèse d’une refonte totale de l’organisation des médias et de leurs modèles économiques non pas en partant de l’existant mais en tenant compte de la réalité de l’Internet et des perspectives.
C’est d’ailleurs dans cet esprit que nous avons conçu YouVox en partant du principe que l’économie d’Internet ne permettait pas de faire fonctionner sur un modèle d’organisation de la presse papier. Il faut maintenant raisonner en terme de low cost pour la plupart des éditeurs.
Certains très gros acteurs pourront continuer à exister avec une vrai stratégie multi supports en amortissant la création de contenus sur plusieurs sites Internet et en plusieurs langues et sur plusieurs supports papiers. Cela nécessite une taille critique que peu d’acteurs peuvent avoir et les concentrations entre mêmes acteurs ne sont pas toujours la solution. Il y aura donc encore de nombreuses disparitions de journaux et magazines dans les prochaines années.
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Les nouvelles technologies, une chance pour les médias historiques ?
C’est la conclusion rapide d’une étude présentée à la presse par le bureau d’analyse CA Cheuvreux.
Cette société d’analyses financières réputée indique que les évolutions technologiques sont plus une opportunité qu’une menace pour les médias existants qui possèdent des marques et des contenus.
“Les opérateurs historiques, ceux qui ont des marques et des contenus, vont bénéficier des évolutions technologiques plutôt que d’en pâtir”, a indiqué Arnaud Frérault, l’analyste média de CA Cheuvreux lors d’une présentation.
Ainsi “le téléchargement d’émissions (podcast), qui était vu comme une grosse menace pour les radios, s’est révélé une formidable opportunité. D’un média de direct-live, la radio est devenue, en plus, un média de différé, de catalogue”, note-t-il.
“La télévision mobile ne cannibalise pas l’audience, elle vient se greffer sur l’audience déjà existante, elle rajoute de l’audience. (…) L’ADSL fournit des abonnés supplémentaires à la télévision à péage”, ajoute-t-il.
D’après Arnaud Frérault, “les groupes historiques sont relativement protégés pour l’accès aux contenus, même par rapport aux cash flows énormes des groupes de télécommunications”.
Il a notamment cité en exemple Deutsche Telekom avec son offre football sur ADSL. L’opérateur allemand avait remporté fin 2005 les droits Internet de la ligue allemande de football - le câblo-opérateur United Media reprenant les droits télévisés à Première - mais, selon lui, n’a réussi en début de saison qu’à séduire un nombre dérisoire d’abonnés (37) à son offre ADSL, faute de savoir-faire en la matière.
Le « Time shifting » ne tuera pas la TV
Le cabinet estime que “la vidéo à la demande ne tuera pas la télévision payante car les abonnés restent surtout motivés par les événements sportifs”. “La télévision commerciale restera un événement, l’équivalent de la place du village auparavant, et ne sera pas concurrencée par une télévision sur mesure, à la demande”, prédit-il.
La multiplication des chaînes aura, certes, un impact sur la part d’audience d’une chaîne comme TF1 qui ne captera plus que 25% de l’audience d’ici trois à 4 ans et non plus 32% mais TF1 “conservera la moitié du marché de la publicité”, car elle seule sera à même de toucher une audience de masse.
Pour la presse écrite généraliste, le constat de l’analyste est clair : “on s’oriente vers un modèle 100% gratuit financé par la publicité”. La presse spécialisée devrait conserver le modèle payant.
Mon analyse sur la presse papier
Compte tenu du sérieux de CA Chevreux, il est toujours difficile de contester un tant soit peu ce type d’analyse. Pourtant je ne partage pas son optimisme sur tous les médias existants.
On peut remarquer d’ailleurs que l’analyse sur la presse impose un modèle gratuit. Je ne suis pas sûr que ce soit possible pour tous les supports papier car la taille du gâteau publicitaire étant limité, si ces médias doivent s’orienter vers le gratuit, leur modèle même est menacé car ils ne sauront pas produire leurs supports sans la vente au numéro. C’est vrai pour les journaux mais surtout pour les magazines et seuls les plus forts survivront. Je ne vois donc pas matière ici à dire que les nouvelles technologies sont une chance pour les éditeurs de presse.
Mon analyse sur la télévision.
Je rejoins tout à fait Arnaud Frérault sur l’importance et la force des marques. C’est certainement l’élément le plus important pour les médias traditionnels. Je le rejoins également sur la baisse d’audience des chaînes actuelle par l’émiettement entre les différents médias (chaînes TNT et sites Internet de contenus). Je suis moins d’accord avec lui lorsqu’il indique que malgré cette baisse les grandes chaînes conserveront leurs revenus publicitaires. Ceci pour plusieurs raisons. Premièrement la part dédiée à Internet est en progression à deux chiffres depuis 5 ans. Si cette progression est importante, en valeur absolue les chiffres sont encore faibles et donc peu impactant aujourd’hui sur les réseaux de télé. Cette situation va changer car déjà aux Etats-Unis les couts publicitaires sur Internet sont en augmentation. Comme les budgets ne sont pas extensibles à l’infini, il y aura des arbitrages. Le problème pour les chaîne va être de savoir conserver des contenus de qualité, donc souvent chers à produire, pour garder de l’audience avec des revenus en baisse. Les médias actuels sont parfaitement structurés pour répondre à la demande d’aujourd’hui. Lorsqu’il va falloir se restructurer pour s’adapter ce sera peut être plus difficile.
Autre point les événements sportifs. Le direct est évidemment un élément clé de la survie des grandes chaînes et elles sont mieux placées pour « adresser » une large audience en rapport avec les coûts de retransmissions demandés par les acteurs du monde du sport. Si actuellement les audiences Internet sont largement insuffisantes pour concurrencer celle de la télévision, il faut se projeter dans 5 ou 10 ans pour essayer de comprendre comment nous consommerons et quelle seront les possibilités offertes par les ayants droits du sport. A titre d’exemple j’ai modélisé ce que pourrait être la retransmission de la Formule 1 à travers une plateforme multi supports directement via Internet et tous les terminaux mobile. Un accord pourrait être trouvé directement avec la SLEC et des acteurs de diffusion sur Internet (Vpod.tv, Orb etc..). Il n’est pas sûr qu’à l’avenir ce ne soit pas plus intéressant pour les détenteurs de droits sportifs de prendre en charge directement la diffusion de leurs contenus sans passer par des chaînes « broadcast ». Ces chaînes ne sont pas n’on plus sans ressources vis-à-vis de ce type d’approche, mais il faut qu’elles modifient leur position dans la chaîne de valeur ajoutée. Devenir un prestataire de services pour les ayants droits en mettant en œuvre une intégration fine des technologies afin d’éviter que ces ayants droits aient envie de le faire eux même.
Donc en conclusion tout n’est pas rose, surtout pour la presse papier, mais il y a de l’espoir pur les entreprises qui sauront évoluer dans cette nouvelle chaîne de valeur.
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C’est la première fois depuis deux ans que les revenus de la publicité et des petites annonces décroissent.
La baisse de revenu est assez faible car cela représente 1,5% mais cela pourrait bien, d’après ne nombreux spécialistes, augurer d’un déclin plus profond. Pendant la même période les revenus en ligne de ces journaux ont cru de 23%.
Vu sous cet angle on pourrait être tenté de penser qu’il s’agit d’un glissement du papier vers le net. Le souci c’est qu’en valeur absolue, les revenus sont sans commune mesure. Les revenus du net représentent un montant de 638 millions de dollars en regard des 55 milliards de revenus réalisés par plus de 2000 journaux nord américains et canadiens (source NAA). Il n’y a donc pas compensation. C’est un peu la même chose pour l’industrie de la musique et de la vidéo. Les nouvelles formes de distribution sur Internet nécessitent de revoir totalement le processus de captation, de création et de distribution de contenus.
L’étude fournie par la NAA, indique que les sites de journaux progressent en audience. Les secteurs qui tirent les revenus sont les petites annonces immobilières et de recrutement avec respectivement 1,35 et 1,1 milliards de dollars de revenus. Les autres annonces ont baissées de 0,5 %.
On voit donc que l’immobilier et l’emploi sont stratégiques pour les journaux hors sur ces secteurs la pression des pures players est la plus forte. On ne compte plus les initiatives d’acteurs Internet qui mixent petites annonces et géo localisation, et autres services complémentaires rendus possible par l’interaction du net. Sur les services les journaux sont en retard car cela nécessite une maitrise technologique qui n’est pas dans les gènes d’une activité éditoriale. Les accords récents entre des journaux et Yahoo démontrent l’intérêt de part et d’autre de marier le net et le papier. La vraie question est de savoir qui en tirera les plus gros profits et si la baisse de revenus du papier permettra toujours, à l’avenir, de continuer d’imprimer. De même, la plupart des contenus éditoriaux sont produits par des rédactions mixtes amorties largement par les revenus du papier. Quand sera-t-il lorsque que les coût de production devront être plus largement intégrés dans la partie online ?
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