La télévision et l’accès internet illimité gratuit sur mobile c’est maintenant possible chez TEN.

En première mondiale, l’opérateur mobile Ten va annoncer demain, 15 février 2007, trois nouvelles offres de services pour ses abonnés : l’accès illimité à Internet, un bouquet de chaîne de télévision sur mobile sans supplément et les SMS gratuits avec les autres abonnés Ten.
Nous avons interviewé Jean Louis Constanza, le patron de Ten pour qu’il nous précise cette offre et il nous livre quelques réflexions de prospective sur le marché des MVNO et sur Ten en particulier.
L’offre d’accès à Internet illimitée.
Ten propose déjà un accès Internet limité compris dans ces forfaits mais il va maintenant proposer à ses clients qui possèdent un téléphone mobile compatible, de pouvoir se connecter à Internet gratuitement et de manière illimitée. Cela est bien sûr restreint à l’accès aux pages web et ne permet pas le téléchargement de contenus lourds comme de la vidéo. Vous ne pourrez donc pas visionner l’interview de Jean Louis sur YouVox Tech depuis votre téléphone portable.
La voix sur IP ne sera pas permise et on imagine aisément que ni Ten ni Orange n’accepteraient ce type de fonctionnalité.
Pour cela Ten s’appuie sur le logiciel Opera et cela nécessite un téléphone supportant Java.
Dans un premier temps il va s’agir d’un test sur les mille premiers clients qui, s’il est concluant, sera étendu d’ici quelques semaines à l’ensemble des abonnés de l’opérateur. D’après Jean Louis Constanza, il s’agit d’une première mondiale
Cela est déjà un pas considérable vers la gratuité d’accès depuis un mobile à des services inclus dans les abonnements Internet et pourrait contribuer au développement d’offres quadriplay auxquelles, d’ailleurs Ten réfléchi déjà. Nous y reviendrons
Une petite étape vers la convergence des moyens d’accès.
Avec cette offre, Ten propose également un service d’email entant et sortant à partir du service de messagerie de son FAI. Donc inutile de passer par une adresse email du type @ten-mobile.com comme cela se fait chez Orange. Les messages simples seront compris dans le forfait et une option payante permettra de gérer les pièces jointes. Attention dans ce cas, car au-delà de 1Mo de transfert, le coût passe au Mo transféré et cela peut chiffrer très vite.

Une offre de télévision ; Channel Ten
L’opérateur démontre, par cette offre, une réelle réflexion marketing. Il ne s’agira pas d’une offre de broadcast comme celles que préparent les autres opérateurs mais en fait de l’accès à un bouquet de podcasts télé et audio. Le service permettra de sélectionner et de télécharger, pendant la nuit, des contenus audiovisuels venant des chaînes du bouquet Ten. Ces contenus seront stockés sur le téléphone et pourront être visionnés n‘importe où y compris hors couverture. Il faut évidemment disposer d’un téléphone avec une carte de stockage pour pouvoir en bénéficier. Cela va ravir les quotidiens du matin payants ou gratuit…
Il ne s’agir donc pas d’une véritable offre de télévision au sens temps réel mais nous sommes persuadé que ce service va trouver son public surtout, comme le dit Jean Louis Constanza, pour des contenus qui se consomment enregistrés (émissions politiques, show …).
Cette offre est basée sur la technologie de PlayFab dont nous avons parlé ici.
Les SMS gratuit de Ten à Ten le eSMS
Il s’agit en fait d’envoi d’email via l’offre précédente habillé en SMS partant du principe qu’un SMS c’est un email « pauvre ». Peut être que cela pourrait entraîner un cercle vertueux de la baisse des prix des SMS qui sont facturés plus de 100 fois leurs coûts de revient et sont une véritable, voire scandaleuse, vache à lait des opérateurs.
Vers un agrégateur de services multi supports ?
L’étape suivante sera de proposer des contenus premiums à travers Channel Ten. Pour quelque euro de plus, un bon moyen d’augmenter l’ARPU, le MVNO proposera des contenus exclusifs, des clips ou des événements sportifs. Une offre de VOD devrait également voir le jour rapidement.
Le patron de Ten ne pense pas que les offres de télévisions « classiques » sur mobile seront un vrai succès. Il pari sur la spécificité du terminal et cherche à se différentier en proposant des contenus originaux.
L’avenir de MVNO ?
Ten ne se voit pas comme un MVNO mais comme un opérateur de services qui loue des minutes en gros et pense qu’’il y a de la place pour des acteurs à coté des trois grands opérateurs d’infrastructures. Ten ne cherche donc pas à se positionner dans une guerre de prix pure mais dans l’originalité de ses services inclus dans ses forfaits. Quoiqu’il en soit, Jean Louis Constanza pense néanmoins qu’il y aura une consolidation dans ce secteur.
Concernant la mise en vente de Debitel, Ten n’est pas intéressé préférant se positionner vers l’extension des services et la croissance organique plutôt que la croissance externe. Si Ten devait se consolider ce serait plutôt avec un opérateur de médias ou d’Internet mais il s’agit de prospective et rien n’est en cours dans ce sens.
Le futur de Ten
L’objectif de Ten est d’apporter des services innovants, avant les gros opérateurs, en intégrant un apport technologique complémentaire sur les services additionnels. La convergence quadriplay est étudié mais le marché n’est peut être pas encore prêt à l’accepter et cela pourrait être une offre difficile à commercialiser.
En avant première, Jean Louis Constanza nous indique néanmoins que Ten va rapidement proposer des offres couplées avec des FAI permettant aux abonnés Ten de téléphoner en IP sur Internet à proximité de leur set top box.
Le Wimax ?
Le patron de Ten ne croit pas réellement au Wimax en substitution de l’HSDPA car si on veut une couverture totale, le différentiel de prix entre le Wimax et le HSDPA n’est pas suffisant sur un business plan sur 10 ans. Le vrai risque disruptif serait les réseaux mesh qui contourneraient complètement les opérateurs. Mais là également la qualité de service ne serait pas garantie et il n’y croit pas réellement.
Les deux interview de Jean Louis Constanza sont sur YouVox Tech ici.
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ORB rend transparent l’accès aux contenus et va révolutionner l’économie des médias et des opérateurs mobiles
Retrouver l’article complet sur YouVox Tech avec les vidéos des fondateurs ici
Cela fait de nombreux mois que nous analysons la mutation en cours qui pourrait menacer gravement les revenus publicitaires et la chaîne de valeur des diffuseurs ainsi que les attentes de nouveaux revenus chez les opérateurs mobiles. Cette fois ci une menace majeure apparaît sur le marché.
Nous avons assisté ce 15 novembre 2006 à la conférence de presse de ORB et aux fonctionnalités offertes par cette société aux Internautes.
S’il est indéniable que ces services sont novateurs et vont nous simplifier la vie de tous les jours en nous offrant l’accès à nos fichiers personnels et nos préférences sur des terminaux déportés, cela risque de compliquer sérieusement le modèle économique de la télévision.
Commençons par la présentation de Joe Costello fondateur et CEO de ORB qui nous a livré, avec énergie, sa vision.
La vidéo de son intervention (en anglais) sur Youvox Tech ici
Qu’est-ce que ORB ?
ORB est en fait une application sophistiquée qui permet à tout Internaute ayant téléchargé et installé l’application de permettre l’accès à ses contenus stockés sur ses ordinateurs depuis un terminal distant : PC, mobile, PDA etc…
Jusqu’ici rien de bien menaçant mais ORB permet également l’accès aux services de télévision disponibles sur son PC personnel. En clair avec une « box » qui me permet de visualiser la télé son mon PC chez moi je peux accéder aux même chaînes n’importe où dans le monde sur tous les terminaux. Mais plus important, je peux partager l’accès à mes services. Exemple : je suis abonné à Canal +, je peux en faire profiter mes amis. Pour le moment les bandes passantes ne permettent pas de streamer plus de 2 ou 3 flux simultanés ce qui limite largement la portée de ce service mais avec la fibre….
Intégré dans des ‘box » ?
L’étape suivante c’est l’intégration de ce logiciel directement dans les sets top box des FAI ce qui permettra d’avoir accès aux chaînes de télévision sans que son PC soi allumé. Aucune information n’a filtré pour le moment mais ORB discute avec tout le monde.
Le risque pour les chaînes de télévision
Comme avec TiVo, un boitier d’enregistrement numérique qui supprime voir remplace automatique la pub TV par la sienne, ORB va vivre partiellement de la publicité en proposant des spots avant la diffusion de flux de données. Il permet déjà de supprimer les écrans publicitaires et de visualiser toutes les chaînes disponibles sur mes PC. En clair je suis chez un ami, j’ai envie d’avoir accès aux chaînes de mon bouquet proposé par mon FAI, j’active ORB et je dispose de tous les flux vidéos sans la pub ainsi que de tous les fichiers disponibles sur mon ordinateurs (photos, musiques, vidéos, etc…). C’est l’accès à toutes mes données et service en mode déportée.
Et pour les opérateurs mobiles.
Si ça continu on va devoir considérer qu’il s’agit d’une industrie sinistrée. Comme si l’arrivée du Wimax n’était pas une menace suffisante c’est maintenant leur offre de services qui est menacé. En clair : les opérateurs mobiles essaient de proposer des offres de télévision mobile à travers un tas de technologies DVB-H etc… soit disant complémentaires entre elles. Il semble bien qu’ORB mette tout le monde d’accord. Depuis mon téléphone mobile, en 3G au minimum pour la bande passante, je me connecte avec un simple navigateur et je peux également accéder aux services de mon PC. Je peux donc visualiser toutes les chaînes vidéo disponibles chez moi sans avoir rien de plus à souscrire. Inutile de vous dire que tous les modèles économiques des opérateurs qui pensaient pouvoir facturer cela 5 à 6 € par mois volent en éclat. La limite du raisonnement c’est qu’en France l’accès à la 3G est limitée et couteuse mais dans d’autres pays avec un forfait vous avez un accès data illimité. Ce qui va arriver en France dès que les réseaux Wimax vont offrir de l’accès nomade inclus dans des forfaits d’abonnement aux FAI. A partir de ce moment il sera impossible pour les opérateurs mobile de maintenir leur tarification à la durée et à la donnée.
Il y a ceux qui vont subir et ceux qui tentent de s’adapter. Orange doit annoncer prochainement un accord avec ORB qui fournira en marque blanche sa technologie permettant aux abonnés d’Orange Mobile d’accéder à leurs contenus depuis leur téléphone. Cet accord ne concerne pas l’accès à la télévision car Orange se réserve cette partie via une autre offre. On les comprend même si leur position ne sera pas très longtemps tenable.
La présentation complète du service par Luc Julia le CTO également fondateur de ORB.
La vidéo de son intervention (en français) sur Youvox Tech ici
Lorsque l’on voit tout le potentiel d’une application comme celle-ci on ne peut manquer de la relier aux débats en cours sur la télévision sans frontière. Il ne semble pas que ce type de technologies aient été intégrées dans la réflexion tant du côté de l’Arcep ou du CSA que des acteurs de médias, de la production à la diffusion. J’ai déjà eu l’occasion de le dire mais la pauvreté des discours aux conférences sur la télévision de demain laisse craindre un réveil difficile des politiques et des professionnels de l’image.
Pour illustrer le sérieux de la démarche de ORB, je vous laisse découvrir les CV des deux fondateurs :
Joe Costello | Co-Fondateur de Orb Networks et Investisseur
Joe COSTELLO est un entrepreneur bien connu de la Silicon Valley, président de BravoBrava! et de think3. Il a passé dix ans à la tête de Cadence Design Systems Inc. qu’il a transformé en leader mondial dans son domaine. Il siège aux conseils d’administration de plusieurs entreprises: Zamba (NASDAQ: ZMBA), Barcelona Design, Calico Commerce, Inc. (NASDAQ: CLIC), Catena Technologies, Reality Fusion, Saba et Simplex.
En 1997, le journal Chief Executive Magazine l’a élu meilleur PDG de toutes les entreprises cotées en bourse en Amérique du Nord. Il est titulaire d’un bachelor’s of science de Harvey Mudd college, d’un master’s of science en physique de l’université de Yale et d’un autre de l’université de Berkeley.
Luc Julia | Co-fondateur de Orb Networks et Directeur Scientifique
Luc JULIA , docteur en informatique de l’ENST Paris, a crée et dirigé le Computer Human Interaction Center (CHIC!) au Stanford Research Institute. Il a ensuite fait partie des fondateurs de BravoBrava!, une entreprise de la Silicon Valley qui développe des produits à haute valeur ajoutée technologique. Il a une dizaine d’années d’expérience dans la conception et l’intégration de technologies interactives innovantes et est l’auteur de plus de 50 publications scientifiques et brevets dans le domaine des interfaces homme-machine. En plus de son doctorat, il possède une licence, une maîtrise et un DEA en informatique de l’Université Pierre et Marie Curie, Paris VI.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’on affaire à deux grosses pointures et compte tenu de ce qu’il ont présenté, je pense qu’il s’agit réellement d’une « killer application » dans le monde de l’information.
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210 millions de téléspectateurs sur terminaux mobiles en 2011
Pendant le Broadcasting Trade Show à Singapour, la société d’étude Informa Telecom prévoie une croissance fulgurante des abonnements à des programmes audiovisuels sur téléphones mobiles.
La Corée du Sud est actuellement le pays au monde le plus développé en termes d’offres de télévision sur mobile. Le résultat est qu’il se vent 10 000 téléphones, capables de recevoir la télé, par jour. Cette région du monde devrait conserver la première place en 2011 pour ce type de service avec plus de 95 millions des consommateurs sur les 210 millions annoncés.
Les Coréens peuvent recevoir leurs programmes via les réseaux terrestres et satellites. Les différents acteurs de la chaîne de valeur regardent avec attention le marché chinois qui pourrait exploser dans les prochaines années. Cette avance dans les services avantage les fabricants de terminaux qui voient des débouchés rapides pour leurs productions. La guerre entre Samsung et Nokia pourrait s’accroître en donnant au Coréen des atouts importants dans la nouvelle génération de téléphones. La participation de Nokia dans le groupe de travail visant à développer un système d’exploitation autour de Linux afin de freiner Microsoft n’est certainement pas étranger à cette compétition. Le fabricant Coréen utilise en effet largement Windows Mobile dans ces terminaux vendus en occident.
Des incertitudes demeurent cependant car le modèle économique entre les opérateurs mobile, les diffuseurs et les producteurs de contenus n’est pas encore bien clair. Dans ce contexte il est tentant pour chacun de ces acteurs d’essayer de garder le maximum de valeur ajoutée dans ces nouveaux services.
Des nouveaux téléphones compatibles Wimax prévus pour 2007 devraient permettre aux diffuseurs de contenus de fournir des programmes en IP en s’affranchissant des opérateurs mobiles, comme cela se fera bientôt sur Internet en s’affranchissant des offres des FAI.
Des nouvelles batailles économiques et judiciaires en perspective.
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